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Big Boi : Sir Luscious Left Foot… The Son Of Chico Dusty ( Universal )
Habitué des seconds rôles au sein de son mythique duo d’Outkast, Big Boi renverse largement la vapeur avec un premier album génialement différent.
Deux Grammy Awards, onze millions d’albums rien qu’avec le double opus Speakerboxxx/The Love Below et pourtant, Big Boi n’avait encore jamais reçu la notoriété qu’il méritait. Pour le grand public, il était l’autre moitié d’Outkast, un rappeur somme toute assez classique face à l’exubérante folie créatrice de son alter-ego d’André 3000. Pourtant, ce grand garçon de Big Boi avait juré qu’il n’avait pas dit son dernier mot et que son premier véritable album solo aurait l’effet d’une bombe. Une bombe à retardement pour tout dire. Car cela faisait cinq longues années que tous les fans de hip-hop hors norme l’attendait avec curiosité.
Arrivé en plein été avec un titre à rallonge, Sir Luscious Left Foot… The Son Of Chico Dusty, Big a séduit son people américain en attendant que le reste du monde ne succombe. Et cela n devrait pas mettre longtemps avec que la planète rap ne se rende compte de l’énorme potentiel de ce disque enthousiasmant. Antwan Patton, de son vrai nom, a construit ses quinze titres comme une commode modulable, dont chaque tiroir décèlerait des trésors insoupçonnés. Au niveau du concept, pour commencer, les morceaux présentent chacun une facette différente du rappeur. Il y a Sir Luscious Left Foot, la version adulte de Big Boi. Fils de Chico Dusty car ce dernier représente son père, un militaire décédé en 2004 à qui il rend ici hommage. Big Boi, c’est également le General, un soldat du rap au cœur de lion. Daddy Fat Sacks, le mec des quartiers, bien bad boy. Hot Tub Toney, le mec à meufs. Et Beach Boi, le gars cool qui a vécu prés de l’eau.
Véritables alias ou personnages inventés, tous ces blazes posent l’univers de chacun des titres. Ainsi, Daddy Fat Sacks a ce son sensuel et funky si reconnaissable qui vient directement d’Atlanta alors que General Patton et un hymne militaire rentre-dedans. Big Boi aime à mélanger les styles et il s’en donne à cœur joie ici. Ainsi, il enrichit d’autant plus son album, qui offre de découvrir un nouvel univers à chaque changement de chanson. On aime autant onduler doucement du corps sur Turns Me On que chanter le refrain rock de Follow Us, se laisser envouter par les percussions de Tangerine ou jouer aux loveurs sur le dégoulinant Hustle Blood. Les artistes qu’il a alors invités sont aussi hétérogènes et talentueux que lui : B.o.B., Vonnegutt, Cutty, Jamie Foxx, Janelle Monaé, George Clinton ou Too Short.
Sans aucun doute le meilleur album de rap américain de ce milieu d’année !
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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