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Bloc Party : Intimacy ( Cooperative music )
Le temps perdu à glandouiller en studio ? Connaît pas. Comme tous les enfants des années 80-90, les Anglais de Bloc Party ont subi ces groupes qui, ayant à leur disposition des budgets pharaoniques pour enregistrer, pondaient péniblement un album tous les cinq ans. Alors, forts de leur statut de petits génies de l'électro punkisant, ils foncent droit devant eux et enchaînent les disques. Trois albums depuis le premier, en 2005, pas mal. Surtout lorsque la panne d'inspiration n'est pas au rendez-vous, au contraire.
Sans aller jusqu'à se réinventer façon grands travaux de fond à la Radiohead, Bloc Party sait garder ses fans en haleine en se remettant en question à chaque coup. Après les influences de Gang Of Four et de la dance culture de Silent Alarm, le plus calme et new wave Weekend In the City, les Londoniens nous balancent dans les gencives une vraie bombe sonore. Dix titres, moins de 45 minutes au compteur, Intimacy fleure bon l'urgence, l'excitation, l'envie de secouer l'apathie et la frilosité générales, de faire danser au bord du volcan, histoire d'oublier la crise, l'hiver et toutes nos petites misères de pauvres mortels.
Le poncif rock veut que le troisième album soit celui de la maturité… Euh, alors dans ce cas, Bloc Party est tombé dans une marmite de Viagra. Car, à l'exception d'un ou deux morceaux plus calmes, dont l'étonnant Signs et son côté B.O. pour compte de fée synthétique, le quatuor anglais ne reprend jamais son souffle. Les singles potentiels, à la fois arty et accrocheurs, élégants et efficaces, s'enchaînent avec aisance.
Kele Okereke (ah, ce nom de rêve pour joueur de Scrabble…) a perdu en route son unique défaut, à savoir cette tendance à sonner comme Robert Smith et s'épanouit là dans la peau de leader charismatique, timbre assuré, limite bowiesque à l'occasion, concentré d'énergie irrésistible. Le groupe a trouvé le parfait équilibre entre guitares acérées, batterie primitive et sons électro et sort là le cocktail jubilatoire idéal pour la fin de l'année. Et le début de la suivante.
Isabelle Chelley
Isabelle Chelley
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