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Bono / The Edge : Music From Spider-Man – Turn Off The Dark ( Universal )
Une comédie musicale sur un super-héros ? Voilà qui est original, c'est sûr. Le problème, c'était forcément qu'il fallait se donner les moyens de ses ambitions, la franchise Spiderman bénéficiant ces dernières années de films à gros effets spéciaux...
Nul doute que les gens ne se contenteraient pas d'une pièce de théâtre minimaliste avec un Peter Parker se poserait des questions existentielles comme « Tisser sa toile ou ne pas la tisser, telle est la question ».
Alors il a fallu répéter. Beaucoup. Même trop. Le spectacle a pris du retard, un paquet de comédiens et même la directrice artistique ont été priés d'aller voir ailleurs, et quand enfin le projet le plus onéreux de l'histoire de la comédie musicale a été dévoilée au public, il a juste été démoli par la critique. Aïe aïe aïe. Pour la musique aussi, on a sorti les grosses ficelles, à savoir U2. Ah non pardon : Bono et The Edge de U2. On retrouve forcément la patte si reconnaissable du guitariste sur une multitude de riffs (« Picture This »). Un peu trop des fois, le single « Boys From The Sky » sonnant très proche de « Hold Me, Thrill Me, Kiss Me, Kill Me », qui avait servi... au film Batman. On va même retrouver la voix du grand manitou humanitaire à lunettes de soleil intégrées Bono sur 3 titres. Outre « Rise Above 1 » et « A Freak Like Me Needs Company », on le distingue surtout sur « Picture This », morceau sur lequel il n'a bien entendu pas pu s'empêcher de partir dans une élucubration de « ooooh » qu'il affectionne tant.
Voilà pour la participation du chanteur, qui pour le reste est avec son complice producteur de toute la galette. Est-ce à cause de la difficulté de l'exercice, ou du temps qui passe et vole l'inspiration, mais le duo ne parvient pas à dégainer de gros tubes sur cette BO, et pond même de sacrés bides (« Boucing Off The Walls », insupportable).
Il faut dire aussi qu'avoir la musique sans l'image, ça peut gêner. La preuve avec ce titre d'ouverture, « NY Debut (Instrumental) », sur lequel les personnages doivent forcément danser, mais qui juste en audio donne à l'index une grosse envie de presser 'next' sur la platine. Le service marketing Marvel aurait peut-être dû plancher sur un projecteur d'holographes qui permettrait à l'auditeur de voir l'homme-araignée sauter sur les murs du salon. Cela dit ça aurait été emmerdant pour les possesseurs de chat si leur félin se mettait à poursuivre l'holographe...
Le soucis, c'est que toute cette musique ne fait pas très comédie musicale. Le petit mot de The Edge et U2 dans le livret dit qu'ils considèrent cela comme du « pop-up pop art opera ». Quelle prétention. Ce sont juste des chansons pop-rock qui sonnent comme du mauvais U2. Il n'y a que sur « DIY World » que l'on a enfin cet aspect opéra, avec plein de choeurs et une orchestration digne de ce nom. Parce que dans les autres chansons utilisant des choeurs, on a le droit à de l'immonde, de l'horreur, avec une espèce de rap bidon dedans (« Pull The Trigger ») ou un son electro qui repousse les limites du supportable (« A Freak Like Me Needs Company »).
On plaint vraiment les spectateurs si les chorégraphies et la scénographie étaient à la hauteur ce la musique. La soirée a dû leur sembler longue, très longue...
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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