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Booba : Lunatic ( Because music )
Avec son 5ème opus, Booba signe un retour en force, soufflant sur le rap français comme un cyclone de catégorie 7. Tempête mondiale.
Booba n’est plus un rappeur français. Avec son nouvel album, plus travaillé, éclectique et rentre-dedans que jamais, il se place à un niveau bien au dessus de tous ses concurrents. A la hauteur des MCs américains qu’il a invités, B2O a provoqué une attente telle qu’on peut parler de lui comme d’un phénomène. Dans un contexte économique et musical morose, lui, se la joue bling bling, matérialiste et écrase de son arrogance implacable tous ses détracteurs. Celui qui semble prendre toujours plus de masse musculaire à chacun de ses albums a entamé une tranquille mais inexorable ascension depuis ses débuts en solo et son mythique Temps mort de 2002. Dix ans après le dernier album de Lunatic, le Duc de Boulogne rend hommage à son ancien groupe tout en marquant son rap d’une rare modernité.
Il a déjà vendu plus d’un million d’albums et pourtant, l’on peut mettre sa main au feu que ce nouvel opus lui apportera un nouveau public. Car, même s’il s’en défendra peut-être, Lunatic est le plus ouvert, le plus éclectique et le plus musical de tous ses opus. Une nouvelle puissance mélodique qui ne vient pas forcément des prods à proprement dit. Signées Therapy, 2093 & 3031, Haze, X-Plosive, Martians Productions ou Marc d’Animalsons, les musiques choisies sont très finement travaillées, c’est certain. Mais, c’est surtout au niveau du flow que Booba apporte des notes supplémentaires. S’offrant de nombreux refrains chantés, souvent joliment vocodés, il élargit énormément sa palette musicale et construit des morceaux dignes de ceux d’outre-atlantique. L’on pense plus particulièrement au tube Ma couleur, au titre romantico-trash Killer et au très poétique Comme une étoile.
Les invités apportent également une véritable valeur ajoutée, du crew 92i, qui n’a pas été invité sur un traditionnel égotrip de groupe mais sur un titre violent mais intimiste, Si tu savais. Akon pose parfaitement son flow chanté sur l’historique Lunatic, Dosseh dynamite 45 Scientific, T-Pain électrise Réel alors que Ryan Leslie adoucit un peu Fast Life. Et P.Diddy offre un côté encore plus cinématographique à l’Hollywoodien Caesar palace.
Mais la grande force de cet album réside certainement dans le fait que les quelques nouveautés n’ont pas effacé les basiques. Le phrasé pâteux et les punchlines explosives sont toujours au rendez-vous. Le fan de la 1ère heure ne sera donc pas déçu. Et il pourra se délecter de ces phases controversées qui font déjà couler beaucoup d’encre du « Fuck You, Fuck la France, Fuck Domenech » de Caesar Palace au « Bêta, Oméga, Bêta, Oméga, j’suis trop haut pour les clashs, tu crois que je vais péta Alpha » de Jour de Paye en passant par un bon « Tu connais rien au son comme Fred de Sky » sur Abracadabra ou « enfin débarrassés de Pokora, Diam's et Sinik » sur 45 Scientific. De la bonne grosse punchline, une belle musicalité et des prods taillés au cordeau, Lunatic est prêt pour passer à la postérité.
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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