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Boogers : More Better
Boogers, ça veut peut-être dire crottes de nez, mais sa musique, c'est loin d'être de la merde. Ni nasale, ni olfactive, et encore moins auditive. Comme quoi, on peut générer des sons par ordinateur sans pour autant chier dans les oreilles des gens en ressortant l'eurodance des années 90, comme le fait un certain David Fetta.
Non seulement Boogers fait tout tout seul, mais en plus, il le fait vite et bien. Tant mieux pour sa copine. A peine un an après un déjà très bon "As Clean As Possible", le voici de retour avec un titre sans humilité mais une jolie réalité: "More Better". C'est vrai que ça ne se dit pas, mais ça s'écoute très bien. Ses expérimentations musicales lui ont permis de trouver la bonne formule sur son tableau blanc. En résulte un album aux allures de laboratoire de la pop. On pensera à Weezer ou à Gorillaz, à d'autres choses aussi, mais surtout à Boogers, qui affirme son style avec talent à grands renforts de titres efficaces dès la première écoute comme I Don't Think So, How Do You Feel Now ou New Things Are Much Better.La grande force des chansons du disque réside en cette touche toujours happy, donnant à chaque refrain une rythmique entraînante, même quand les paroles se voudraient plus sombres, comme sur Just A Bad Day (générique idéal pour les aventures de Jack Bauer), ou encore I'm A Weirdo, titre bien moins déprimant que si il était interprété par la tête d'ampoule Thom Yorke. Boogers n'a pas besoin de cela pour illuminer ses morceaux, au nombre de dix si l'on fait exception de l'intro More Boogers. Seule Easier and Easier, la dernière piste, a un aspect plus mélancolique et n'aurait pas été reniée par Eels. Mais avec tout le contenu qui a précédé, c'est bien le sourire que More Better aura procuré à son auditeur.Difficile en effet de ne pas laisser les zygomatiques se relâcher à l'écoute de l'excellente Fishing With Daddy, guidée par une guitare acoustique et aux arrangements très weezeriens, procurant au titre des aspects de chanson pop parfaite. Du high level donc, mais comme à ce moment-là on en est à la moitié du disque, on n'est plus vraiment surpris, sinon par l'endurance et la cohésion de l'opus. Même en s'autorisant quelques innovations de saison comme sur l'étonnante et détonante Break My Bones, l'homme-orchestre fait encore mouche. Et quand ce sont les percussions qui sont à la baguette sur We Don't Want You, on se retrouve avec un titre ultra-fédérateur, et un gros appel au sing along qui devrait en faire un moment fort en concert. Pas besoin d'attendre les Défaites de la Musique ou autres crapuleries pour s'en rendre compte et apprécier à sa juste valeur le talent de Boogers. Un barbu, de Tours, ça ne pouvait être qu'explosif.
Sébastien Delecroix
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