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Britney Spears: Femme Fatale
Femme Fatale, si c'est pas prétentieux ça comme titre. Britney Spears en 2011, une femme fatale ? La pauvre petite s'est faite ringardisée ces dernières années par les Lady Gaga et Katy Perry, et n'est plus vraiment le fantasme des ados qu'elle était dans le clip de « I'm A Slave 4U » où elle transpirait avec string par-dessus le pantalon, ou celui des vieux pervers qu'elle incarnait avec ses couettes et son uniforme d'écolière dans «Baby One More Time ».
Non, la petite Britney est devenue l'incarnation de la génération star Kleenex. La gloire, et la chute, à même pas 30 ans. Synonyme : Lindsay Lohan. Il faut dire que Brit-Brit a vécu un vrai chemin de croix, se rasant la tête devant des photographes, se mariant à Las Vegas avec un pote, perdant la garde de ses enfants au profit de Kevin Federline (c'est dire), et se retrouvant même en vidéo sur internet en train de faire une fellation au même gaillard. Quelques kilos en plus, et celle que l'on annonçait comme la nouvelle Madonna tient désormais plus de Loana... Mais elle reste une icône, et chacun de ses albums lui rapporte un bon gros paquet de millions de dollars. Alors pourquoi se priver ? Ce septième disque annonce la couleur dès le livret : pas de paroles, que des photos. Dommage, vu le caractère personnel et quasi-torturé de celles-ci. Il est sans doute plus agréable de regarder l'efficacité de Photoshop sur les courbes de la jeune femme... Et musicalement, c'est de la balle... surtout si vous faites du tuning. Parce que là, vous allez pouvoir envoyer de la basse faire trembler les vitres à tout va. C'est un album de club, on est de retour dans les années 90, et les USA sont en train de se réapproprier l'eurodance. Merci David Guetta. Bordel on se croirait au concours de l'Eurovision, et le son du disque sera ringard une semaine après sa sortie... Durée de vie : l'été. Ça va faire tourner les serviettes dans les campings et les boîtes de nuit, à grands coups des singles efficaces « Till The World Ends » et « Hold It Against Me ». Les sons synthétiques se succèdent sans saveur aucune et font plus que frôler l'insupportable (« How I Roll », ça part dans tous les sens alors qu'il y avait pourtant un début de mélodie, mais pourquoi ?). L'ensemble est incroyablement dénué de personnalité, et il faut savoir que c'est le disque de Britney Spears que l'on écoute, tant sa production est similaire à tout ce qui se fait en ce moment. C'est exactement la même chose que sur les disques des Black Eyed Peas par exemple. D'ailleurs on retrouve un featuring de Will.I.Am sur la bien nommée « Big Fat Bass », qui ne cherche même pas à ressembler à une chanson, mais se contente de faire vibrer les membranes des haut-parleurs. Il n'y a guère que sur le dernier titre, « Criminal », que l'on retrouve le timbre nasillard qui a fait connaître la chanteuse, qui remet un peu de sauce pop au milieu de ce déluge de beats. Leave Britney alone ! Arrêtez de la remplir de beats ! Cette Femme Fatale n'en est pas une. Elle est quelconque, vulgaire, grossière, et aussi banale que toutes celles que l'on entend à la radio et voit dans les clips musicaux en ce moment. Si un ghetto correspond à un environnement urbain dégradé, on peut désormais qualifier de Guetta un environnement musical dégradé. Et Britney vient de s'y installer.
Sébastien Delecroix
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