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Brooke Fraser : Flags
Quand on pense à la Nouvelle-Zélande, on pense à beaucoup de choses, mais ce qui nous vient à l'esprit en premier, ce n'est certainement pas une chanteuse folk qui porte la frange et chantonne des airs mélodiques.
Pas du tout même. Si vous passez vos lundi soirs devant « L'amour est dans le pré », la Nouvelle-Zélande vous évoque sans doute les moutons. Plus de 30 millions d'ovins pour 4 millions d'habitants, autant dire que ça bêle plus que ça baise... Les plus geeks auront plutôt fait le rapprochement entre la Nouvelle-Zélande et le réalisateur Sam Raimi, ou avec le Seigneur des Anneaux, la trilogie ayant été tournée là-bas. Et pour les hommes, les vrais de vrais, ceux qui passent leurs soirées dans le canapé devant les chaînes sportives, avec une pizza au four, une canette dans la main droite et la main gauche au chaud dans le caleçon, la Nouvelle-Zélande, c'est la terre des All Blacks, les rugbymen qui dansent et crient devant leurs adversaires comme si ils allaient les démanteler pour en faire un barbecue, après avoir abusé de leurs femmes, enfants et animaux de compagnie...Brooke Fraser est aussi une all black. Parce qu'elle est brune, pas parce que tu as l'impression qu'elle veut te bouffer quand elle chante, bien au contraire. Quand elle chante, on a plutôt l'impression qu'elle veut te plonger dans une quiétude absolue, une ambiance apaisée, comme le titre « Sailboats », petite berceuse dans le bon sens du terme. A 26 ans, l'artiste signe avec Flags son troisième album, porté par un très bon premier single, « Something In The Water ». Voilà de la pop qui pétille, portée par un refrain et des choeurs qui caressent le sublime. C'est frais comme une comédie indépendante de type Juno ou Submarine, et ça en serait la BO idéale. Et des titres de cet acabit, Brooke a eu la bonne idée d'en mettre plusieurs sur son disque, à l'image de « Betty », autre titre qui sent bon l'insouciance, bien porté par son petit riff mélodique guidé par des clappements de doigts (?) bien sentis.La mélancolie est également au rendez-vous, avec des titres plus sombres, comme le très beau duo avec Aqualung sur « Who Are We Fooling ? ». Les arrangements installent une toute autre ambiance, mais la voix de mlle Fraser permet de toujours conserver un halo d'optimisme dans les chansons, allant toujours chercher la note qui empêche les morceaux de devenir « all black ». « Orphans, Kingdoms » est dans la même veine, la voix semblant lutter pour s'imposer face à une progression d'accords et une montée de grosse caisse puissante, avant que des choeurs ne débarquent pour offrir un final de type Arcade Fire. Tout n'est donc pas noir pour Brooke Fraser, qui avec ce troisième album lumineux peut s'imaginer un avenir doré
Sébastien Delecroix
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