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Bryan Ferry : Olympia
Bryan Ferry

Bryan Ferry : Olympia ( EMI )

Les projets de Bryan Ferry se suivent et ne se ressemblent pas. Après un album de reprises de Bob Dylan en 2007, le chanteur de Roxy Music livre un nouvel album tout en élégance.

Sur le papier, ce nouvel album solo avait déjà tout pour lui. Tout d'abord, le chanteur étant connu pour son goût immodéré de la reprise, l'annonce d'un album majoritairement composé de nouveaux morceaux avaient de quoi interloquer l'auditeur. Lorsqu'en plus de ça, la liste des invités s'est mise à prendre des airs de réception de l'ambassadeur, on ne pouvait qu'avoir les tympans qui frétillent d'impatience. Jugez plutôt : Scissor Sisters, Groove Armada, Flea (Red Hot Chili Peppers), Johnny Greenwood (Radiohead), David Gilmour (Pink Floyd), Nile Rodgers (Chic), Marcus Miller, Dave Stewart (Eurythmics) et – last but not least – la quasi-totalité du line-up originel de Roxy Music (Brian Eno compris). Pourtant, malgré ses allures de dream team, Olympia sonne 100% Bryan Ferry ; la participation de chacun de ces prestigieux contributeurs étant finalement réduite à de petites touches subliminales, voire au mieux à quelques traits stylistiques.

Les morceaux issus des collaborations les plus marquées sont d'ailleurs ceux qui ressortent immédiatement du lot. "Heartache by Numbers", par exemple, co-composé avec les Scissor Sisters, sonne à s'y méprendre comme une géniale face B directement échappée des sessions du cryptique "Night Work". Le premier single, "You Can Dance", et ses boucles sombres et entêtantes qui ouvrent magistralement l'album, est en fait un reload d'un morceau de DJ Hell auquel Ferry a participé l'année passée. Enfin, "Shame" joue habilement du miroir avec sa (fausse) jumelle présente sur l'excellent "Black Light" de Groove Armada, sorti plus tôt cette année. Par contre, lorsque le crooner glam prend sérieusement les choses en main, on se retrouve immédiatement en territoire connu : une pop arty, élégante et down-tempo où sa voix désormais légèrement éraillée prend son temps pour dispenser ses caresses râpeuses. À 65 ans, le chanteur connaît ses forces et les dispense avec parcimonie, accélérant tantôt sur un "BF Bass (Ode to Olympia)" tracté par une basse proto-disco qui aurait gobé un demi-Lexomil, tantôt délayant volontairement le propos sur les presque sept minutes que dure l'atmosphérique et quasi-instrumental "Reason or Rhyme".

Entre les morceaux préexistants, les incontournables reprises (ici Tim Buckley, Traffic, et – si vous achetez une édition spéciale – John Lennon) et les 50% de nouveaux titres, Olympia ressemblait a priori plus un nugget composé de divers morceaux agglomérés qu'à un véritable album 100% filet. Mais la maestria avec laquelle Ferry mène son entreprise et son chant qui apporte à lui seul la cohérence nécessaire à l'ensemble font d'Olympia un disque savoureux, tout indiqué pour appréhender sereinement le nouvel album très attendu de Roxy Music…

Michael Rochette

Michael Rochette


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 Artiste
 Bryan Ferry


 Chronique(s) Date publication
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