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Cali : La Vie ne Suffit Pas ( EMI )
Je m'étais dit malgré ma profonde sympathie pour le personnage, qu'il serait temps de l'épingler ce salaud, ce fumier qui me pique toutes les filles canons grâce, ou à cause, de son désespoir qui les fait chialer et rire tout à la fois. C'était enfin mon tour de sortir un album sur l'anéantissement, « mon amour m'a quitté et c'est de ta faute » je tenais déjà le premier titre. En plus, comme le succès attise les braises de la rancœur, je n'aurais pas été le seul à faire une chronique : « Cali tu nous a déçu » ou « Cali c'était mieux avant ».
J'y arrive pas. Je vous jure pourtant j'avais fomenté un sacré coup de couteau dans le dos de Bruno. Mais impossible. Tout ce que cet artiste touche vaut de l'or. Son DVD live n'échappe pas à la règle. Ou plutôt devrais-je dire son « Film Musical ». Je m'attendais à une suite de titres agrémentés de quelques tubes en mode scénique et ce gros connard me fait le plaisir de nous embarquer dans son bus kaki pour le suivre dans ses pérégrinations. Alors que dire de ce DVD réalisé par Gaëtan Chataigner : une entrée en matière par une « symphonie inachevée » qui se poursuit par des chansons qui sont toujours alimentées par des images poétiques, par des introductions où Cali fait son cabot en acteur pas raté. La nature, l'air et la route omniprésents rappellent le feu sacré qui alimente « Last Day » de Gus Van Sant. Entre surréalisme et délire, il n'y a qu'un pas à franchir sans glisser sur la mousse et ces 2 compagnons, l'un derrière la caméra et l'autre le nez collé au micro, y arrivent très bien. Fumier ! (pardon ça m'échappe mais c'est pas de ma faute je vous dis). Un orchestre symphonique vient protéger et enrober doucement, de ses cordes et cuivres, les compositions du maître, des ballons volent, il y a du rouge comme le sang, du blanc comme les nuages et tout s'imbrique subtilement comme sur des roulettes. Enculé ! (comment je vais faire pour être méchant si tout est beau dans le paysage du perpignanais ?).Les titres étant complémentaires du CD live, il est impossible d'acheter l'un sans avoir l'autre. A noter ce fameux « Exil » qu'il n'a toujours pas enregistré et gravé sur un CD, la mémoire des vaincus passe par sa voix. C'est surprenant, touchant. Merde c'est aussi utilisé pour porter chance non ?Pierre Derensy
Pierre Derensy
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