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Calvin Harris : Ready for the Weekend ( Wagram )
On ne le dira jamais assez : après plus de cinquante ans d'incessantes révolutions musicales, les années 2000 se définiraient avant tout dans la nuance et le métissage.
Et alors que pendant la première décennie on pensait avoir déjà tout vu en matière de mélange, Calvin Harris allait une nouvelle fois bouleverser la donne. Car celui qu'on a connu plutôt volubile lorsqu'il s'agissait de poser des paroles sur ses beats house survitaminés (on se souvient encore de l'énumération exhaustive de tous les types de filles qu'il aime sur le bien nommé "The Girls" – visiblement il ne se foulait pas trop sur les titres non plus à l'époque) a soudainement ressenti l'impérieux besoin de s'étaler sur ses sentiments au moment d'écrire son deuxième album. Ainsi, à l'efficacité avérée de ses hymnes à dancefloor est venue se greffer une certaine tendance inédite à l'introspection.
Pour vous donner une idée, c'est comme si David Guetta traversait une crise existentielle et se mettait à écrire – et chanter – dessus plutôt que copier/coller ad libitum des "I love you baby" et "Move your body" (ou n'importe quelle autre ligne de "L'Anglais pour les Nuls" qu'il aura lue cette semaine-là). L'homme aux lunettes de mouche allait donc inventer la house qui fait réfléchir – voire déprimer. Étonnant, non ? Et malgré un taux de mélancolie anormalement élevé pour de la musique à popotin (éloignez toute arme à feu et/ou objet tranchant avant de lire les paroles de "I'm not alone" ou "Worst Day"), l'Écossais ne perd pas un iota de la puissance festive qui ont fait sa réputation.
En outre, il se permettra aussi de délaisser les sonorités 80's caractéristiques de son premier album pour aller braconner une décennie plus loin et attiser ainsi le revival 90's qui couve depuis quelques années… Rendez-vous en club !
Michael Rochette
Michael Rochette
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