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Canardo : Papillon ( Warner Music )
Le frère de La Fouine s’offre une carrière solo basée sur l’authenticité et les productions taillées au cordeau.
Les fans de rap français le connaissent depuis longtemps. Plus comme producteur que comme rappeur. Et, forcément, plus comme le petit frère de La Fouine que comme un artiste rap à part entière. Mais ceux qui ont l’oreille n’ont pas pu passer à côté de son talent inné pour les morceaux efficaces et sa claire volonté de percer. On avait donc déjà remarqué le jeune Hakim Mouhid, en 2008, sur le titre éponyme de Capitale du crime (une compile qu’il produite et supervisée), en duo avec son ainé de Laouni. Mais surtout, l’an dernier, on a pu l’apprécier sur l’énorme tube Hamdoullah ça va, sur lequel il figure aussi bien en feat qu’à la production. Car le jeune homme a bien plus d’une corde à son arc.
La plus solide de ses cordes n’est pas vocale. C’est son grand talent de faiseur de sons. Sur Aller-Retour, le second opus du frangin, il signe déjà deux très belles prods : celles de Ma Life et de Quel est mon rôle ? en outro. Plus impliqué sur Mes Repères, on le retrouve à la création de treize des mélodies (sur dix-huit titres !). Dans des genres tous super différents : le doux et poppy Tous les mêmes, les bondissants au son presque West Coast Hamdoullah ça va et On fait l’taf. Mais surtout l’entêtante mélopée de Du ferme, titre dont se sont instantanément emparés les fans. A raison… Cependant, Canardo n’avait pas dit sa dernière phase ! Si la planète hip-hop a largement fait appel à lui, de Disiz La Peste sur son dernier opus (Bête de bombe 4 et C’est la vérité) à Salif (Stop sur Curriculum Vital puis Jean Slim sur le récent Qui m’aime me suive) en passant par Green et Black Kent, Canardo avait, lui, envie de démontrer ses talents de rappeur.
Sa Capitale du crime 2 avait déjà été l’occasion pour le jeune homme doux et discret de démontrer qu’il était bien plus qu’un « frère de ». Aux côtés de La Fouine sur une bonne demi-douzaine de titres, il s’étai fait plaisir tout en faisant monter le niveau. Son 1er album était alors devenu une évidence. Dés la 1ère écoute, il faut vraiment faire un effort pour se dire que c’est Canardo et non pas La Fouine qu’on écoute, tant leurs flows et leurs timbres se ressemblent ! Au niveau des prods, le doute n’est pas possible, c’est bien Canardo qui est aux manettes : éléctro, vocoder, samples de pop, beats ultra carrés… Chacun de ses sons est ultra travaillé, au niveau de la construction du morceau comme des instruments joués et cette musicalité port parfaitement les 15 titres. Si l’on tourne un peu en rond au niveau de l’écriture, qui parait un peu « jeune », l’artiste se rattrape donc sur les ambiances musicales bigarrées, du ragga Super Hero avec Gappy Ranks au hardocre Bismillah feat. Green, en passant par l’hymne Le chant du ghetto, le doux Henijay feat. La Fouine ou le poignant Christelle.
Un 1er essai qui n’augure que du bon !
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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