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Cascadeur : The Human Octopus
Il est descendu sur terre tel un extra-terrestre qui connaitrait l’âme humaine mieux que n’importe qui. Mystérieux et captivant, Cascadeur nous emporte dans les limbes de son univers vaporeux.
C’était la révélation des Francofolies de l’an dernier. Un artiste attendu au tournant. Et un album qui faisait d’autant plus trépigner les fans. Mais qui est donc ce Cascadeur donc on ne voit jamais le visage, couvert par un grand casque blanc ? Il s’appellerait Alexandre Longo, serait un pianiste chevronné, viendrait de Metz, aurait travaillé, entre autres avec le Chapelier Fou, a fait la première partie de Damien Saez à Paris en mai 2010, est proche des groupes Orwell, Variety Lab et Sharko et a décroché en 2008 le prix CQFD des Inrock. Celui qui aime bien plus la poésie des choses que les paparazzades et le bling bling est un fan des masques en tout genre, dont il se pare lors de ses prestations scéniques remarquées, tout au long de l’an dernier. Et on a déjà pu entendre sa voix et sa musique dans Nous trois, film de Renaud Bertrand avec Emmanuelle Béart et Jacques Gamblin.Quand on l’a déjà vu sur scène, d’autant plus lors de ce mythique concert au théâtre Verdière de La Rochelle, où il était accompagné de toute une chorale d’enfants masqués et habillés de blanc (tout simplement époustouflant), il est très difficile de ne pas associer les images de ses projections de vidéaste à sa musique planante. Mais, au fur et à mesure de l’écoute des dix morceaux, de nouveaux paysages s’imprègnent dans notre cerveau. Si Into The Wild rappelle une fin de journée d’hiver, le nez collé à la fenêtre gelée, Walker donne envie d’aller courir à perdre haleine dans les bois et Waitin, plus léger, a des odeurs de vacances et de soleil. Toutes ses chansons sont en sépia, touchées par la magie d’une machine à remonter le temps. Dés les premières notes, l’on comprend que l’on est parti pour un long voyage féérique. On vogue avec lui au sein des étoiles, on file entre les arbres d’une grande forêt enneigée. On se laisse porter par la voix éthérée, qui rappelle celle d’Anthony and the Johnsons, sur les nappes de piano de Meaning ou Your Shadow. Mais c’est surtout un voyage en arrière dans le temps que l’on fait.La mélancolie liée à des souvenirs d’enfance est très prégnante sur The Human Octopus. Le titre Memories lui-même en est l’un des plus flagrants exemples. Planante, vaporeuse et onirique, la musique est empreinte d’une douce tristesse dans laquelle chacun mettra ses propres cicatrices et ses reliques de l’âge tendre. Et il ne va pas falloir aller chercher dans les paroles de Cascadeur des pistes pour mieux comprendre comment il arrive à nous faire revivre des moments de notre propre vie uniquement avec de la musique. Ses textes, tout en anglais, n’importent finalement que pour la musique que font les mots quand ils sont mis ensemble. Parce-que, comme quand on est face à un magicien, on casserait l’enchantement si on connaissait les secrets de l’artiste, ici, il suffit de fermer les yeux et de se laisser emporter. Ecoutez, vous volez !
Adeline Lajoinie
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