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Charlie Winston : Hit the road ( Atmosphériques )
Le champion toutes catégories de la scie FM sort son premier DVD, enregistré au Zénith de Paris quelques mois plus tôt. Verdict ?
Il n'y a pas encore si longtemps, "Like a Hobo" squattait avec insistance la bande FM à raison d'un passage par heure ; une fréquence de matraquage intense qui ne doit pas faire oublier qu'à la base le morceau est tout de même plutôt honorable, tout comme la quasi-intégralité du contenu de son "premier" album (entre guillemets car une version préhistorique de ce dernier, Make Way, était sortie en Angleterre courant 2007). Parce que voilà, contrairement aux hordes d'handicapés du talent qui ont assiégé les canaux généralistes, Charlie Winston – par son travail, son talent, sa sincérité et sa persévérance – mérite plus que quiconque cette place de nouveau chouchou des Français et son emplacement réservé au sommet des charts nationaux. Il suffit d'ailleurs de voir ce stakhanoviste de la scène en concert pour être assuré que son succès est loin d'être volé : que ce soit pour 5, 50, 500 ou (ici) 5000 personnes, l'Anglais se donne avec la même ferveur, au point de pouvoir essorer son légendaire veston à la fin de chaque show. Il chante, il joue, il danse, il parle (beaucoup) et il sourit (encore plus), avec à chaque fois ce regard incrédule de celui qui se dit que c'est trop beau et que ça ne peut pas durer. Du coup, il se donne encore un peu plus.
Après avoir tourné intensivement lors de cette dernière année avec le même spectacle, Charlie Winston et ses fidèles compagnons de route ont finalement posé leurs valises au Zénith de Paris. Hors de question pourtant de s'abandonner à la routine d'un concert ultra-rodé : chaque soir doit être différent (et pour l'avoir vu trois fois en six mois – dont deux soirs consécutifs à l'Olympia – je peux vous assurer que c'est toujours le cas). Non que les chansons ou les "gimmicks" de scène (qu'on ne vous livrera pas pour préserver les surprises) ne soient pas les mêmes, mais Mister Winston trouve toujours la petite nuance pour faire de chaque concert une pièce à la fois unique et familière. D'autant que la présence des caméras changera encore un peu plus la donne (Charlie leur adressera de nombreux clins d'œil).
Capté le 2 février et sorti le 5 avril, autant dire que la post-prod a dû turbiner à fond pour pouvoir livrer le produit terminé en seulement deux mois. L'objet est plutôt de bonne facture, le plus essentiel (le concert, donc) ayant bénéficié du plus grand soin (le montage dynamique et les effets pertinents du réalisateur Dick Carruthers), au détriment des bonus, plutôt maigres, jetés à la va-vite pour boucher les trous : un "documentaire" (plutôt un montage d'images) sur les coulisses du concert et le clip de "I love your smile" – pourquoi ne pas avoir mis les autres, tant qu'ils y étaient ? Mais le vrai bémol, c'est le chapitrage catastrophique du concert qui rend assez difficile le zapping pour qui voudrait aller écouter sa chanson préférée en sautant de piste en piste… Bien qu'ennuyeux, ce petit souci n'empêche heureusement pas ce DVD de pencher vers la réussite.
Michael Rochette
Michael Rochette
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