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Charlotte Gainsbourg : IRM ( Because music )
Quand les actrices se mettent à chanter, on craint toujours beaucoup pour l’intégrité de nos tympans en particulier et de la bonne musique en général. L’essai assez réussi de Scarlett augurait cependant de nouveaux auspices pour le genre. Pari gagné pour Charlotte, côté français !
Beaucoup de journalistes aiment à mettre en avant la toute première apparition de Charlotte Gainsbourg sur l’album de son père, Charlotte Forever, conçu pour elle en 1986. Mais en toute honnêteté, l’immense talent musical de Serge a fait beaucoup plus que le timbre tout plat de la jeune fille en fleur. Depuis, l’apprentie chanteuse s’est révélée en actrice touchante, de plus en plus à l’aise avec son corps et son jeu, donc de plus en plus sexy jusqu’à en devenir une icône de la mode.
Côté musical, si 5:55 avait connu un petit succès il y a quatre ans, c’était encore une fois énormément dû à son entourage. Air pour les musiques et certains textes, Jarvis Cocker de Pulp pour la plupart des paroles et Nigel Godrich à la production. Difficile de ne pas y voir un écrin tout doré fait sur mesure pour que la jolie jeune femme soit sûre de plaire. Sur IRM, l’implication de Charlotte semble toute autre. Déjà parce que c’est plus ici l’histoire d’un duo. Et quel duo ! Le grand Beck Hansen a entièrement travaillé ce nouvel opus pour qu’il corresponde au mieux à leurs deux univers combinés.
De l’association de ces deux personnalités à la fois fragiles, torturées, lumineuses et assez simples ne pouvaient que naître une osmose un peu magique. Et c’est tout à fait l’impression que dégage IRM de la première à la dernière écoute. L’alchimie Beck-Charlotte fonctionne à plein régime sur les 14 titres. Les expériences musicales, entre électro, percussions d’Afrique du Nord et gros rock, permettent d’alterner titres légers et joyeux (Master’s Hand), aériens (Me and Jane Doe), inquiétants (IRM), existentiels (Le chat du café des artistes) ou poétiques (La collectionneuse d’Apollinaire). Le timbre poudreux et la voix nue de Charlotte Gainsbourg colle parfaitement à chaque ambiance. L’on sent bien ici une création à quatre mains basée sur l’intimité et l’universalité des sentiments.
Ambivalent et éclectique, IRM est un génial concentré de tous les talents enfouis au cœur de ces deux grands artistes.
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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