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Damny : Damny
Damny

Damny : Damny ( Because music )

Pour son premier album solo, le chanteur de La Phaze resserre son champ de vision et passe du macro au micro.

On le connaissait hurleur virulent sur les albums de La Phaze, debout sur les barricades le micro entre les dents, de tous les combats contre ce qui ressemble de près ou de loin à une injustice. On le redécouvre aujourd'hui chroniqueur minutieux de tranches de vies microcosmiques, poète tragique des destins anthracites qui peuplent son imaginaire – et qui sait, peut-être aussi son réel. Finies donc les diatribes militantes lancé tête baissée contre les moulins qui font – malgré lui – tourner la planète (le dernier album de La Phaze, à ce titre, était un véritable almanach 2008 des Grandes Causes Sociales), Damny aborde les grands problèmes humains par son plus petit dénominateur : l'individu. Chaque chanson se présente comme un symptôme chronique, chaque texte – souvent plus parlé que chanté – est récité comme un diagnostic ; et l'espoir de guérison est rarement au bout. En résumé, Damny, c'est un peu le Dr. House mais en incompétent.

Pari réussi pour Damny qui parvient à éviter l'écueil de ces chanteurs qui s'offrent une escapade solo pour un rendu souvent très – trop – proche que ce qu'ils font en groupe (là encore, le tournant punk-rock qu'a pris La Phaze sur Miracle accentue les contrastes). En l'espace de dix titres seulement, un univers cohérent se dessine, noir comme la pochette, glauque comme les murs tagués de ces chiottes mal éclairées dans lesquelles il pose. Sous le voile de ses déviations poétiques, on croise dans ce premier album des actrices porno ("Agnostique"), des corps dans le coma ("Flotter"), des gobeurs de stéroïdes soumis aux diktats de l'apparence ("Hasteroïdes") et des histoires d'amour aux airs de compromissions ("J-4", "Particules"…).

Musicalement, Damny met ses racines dub à contribution pour un son hybride, entre rock et électronique, hanté de nappes de synthés et de boucles entêtantes pour garantir une adhérence maximale à la mémoire immédiate (on se surprend à fredonner les lignes de basses dès la fin de l'écoute). Côté voix, les murmures enfumés de Damny contrastent de temps à autres avec des gimmicks chantés en anglais ("Again", "Nos paradis perdus") pour amplifier encore plus cette impression de vortex hypnotique et enveloppant. Avec un album aussi compact, Damny ne va pas tarder à se faire un prénom.

Michael Rochette

Michael Rochette


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 Artiste
 Damny


 Chronique(s) Date publication
 Damny : Damny 03/02/2010



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