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Daughtry : Daughtry ( RCA )
Qu’attendre du premier album du vainqueur d’une émission de télé-réalité ? Beaucoup, me direz-vous.
Même si le premier album de Chris Daughtry, grand gagnant de la cinquième saison de « American Idol » (équivalent américain de la Nouvelle Star), s’inscrit dans la lignée pop variét’ américaine, il s’est instantanément hissé aux premières places des billboards. Cette performance n’avait jamais été égalée depuis "New Jersey" de Bon Jovi en 1988.
Rien de surprenant à cela. Tous les ingrédients nécessaires à un succès commercial se retrouvent dans "Daughtry". Une voix agréable, des compositions correctes et bien ficelées, un réseau Internet très performant, de nombreuses dates de concerts et une maison de disque fortement impliquée. « Daughtry » a été certifié triple disque de platine, reconnu comme la plus grosse vente d’albums du premier semestre 2007 et la cinquième meilleure vente digitale de tout les temps, devant des superstars comme James Blunt ou Coldplay.
Daughtry, est aussi devenu le groupe américain le plus prisé en live cet été, remplissant tous les clubs et salles de concerts lors de leur périple à travers les États-Unis. Le groupe avait rejoint Nickelback pour une série de concerts qui avait débuté le 1er juillet au Canada. Cet premier album, principalement écrit et réalisé par Chris Daughtry et produit par Howard Benson (The All American Rejects, My Chemical Romance, Hoobastank), sait conserver une homogénéité pop, certes assez commerciale, mais pas désagréable. L’artiste-compositeur mise tout sur la puissance des mélodies et la qualité de sa voix.
L’opus débute par "It's Not Over", premier single pop rock traditionnel américain dont la mélodie efficace, les guitares folk et les paroles adulescentes ressemblent à s’y méprendre à un titre de Nickelback, leurs compagnons de tournée. Chris Daughtry possède une maîtrise certaine de ses cordes vocales et en use sans en abuser. Posée, naturelle, douce parfois aux couleurs soul, sa voix représente son meilleur atout, notamment dans les ballades. ("Home"). Mais avec "Over You", on fatigue. Le groupe nous concocte un morceau rebattu : couplets gluants, arrangements surfaits et refrain rock. La ballade mid tempo "Breakdown" ne lésine pas non plus sur les guitares et la guimauve. Le ton se durcit sur "There And Back Again" dont l’énergie finit par fonctionner. Enfin, la présence de Slash sur "What I Want" apporte une griffe rock très appréciable au milieu de ce déluge de ballades.
Éloïse Bouton
Eloîse Bouton
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