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Death In Vegas : Trans-Love Energies
"Loin des yeux, loin du coeur", dit-on. Ce n'est pas toujours vrai. Ce n'est jamais vraiment faux. Dans ce courant artistique appelé musique, il pourrait presque être reformulé en "loin des oreilles, près du coeur".
Il semblerait en effet -de la même manière que certains peintres devant attendre de mourir pour être reconnus et laisser à leur descendance tous les avantages de leur art- que l'absence d'un chanteur ou d'un groupe les rendent plus désiré. Ce phénomène marche bien entendu avec les artistes décédés, qui peuvent alors vite accéder au statut de légende, et dont l'on retrouvera d'obscures chansons quelques mois après. Mais aussi pour les groupes en train de faire une pause indéterminée, ou un "hiatus", comme on dit dans la langue de Shakespeare. Et là, la maison de disques ne peut pas sortir des pistes venues d'un tiroir inconnu. Un best of ou un live, à la rigueur...Il aura donc fallu 7 ans à Richard Fearless et son blase de chevalier pour revenir sur le devant de la scène avec Death In Vegas. Son emploi du temps aura été rempli par l'aventure américaine estampillée rock de Black Acid, mais de retour à Londres, le gaillard s'est remis derrière ses synthés. La grande nouveauté avec cet opus, c'est justement la voix de Fearless, qui assure le chant. Un choix guidé par l'envie de pouvoir faire vivre les chansons en concert, sans devoir sampler la voix des invités en featuring, comme c'était le cas pour les galettes précédentes. On n'en retrouve ici qu'un, en la personne de Katie Stelmanis, chanteuse d'un groupe d'electro de Toronto appelé Austra. Pour le reste, c'est le timbre du Richard qui guide les compos de Trans-Love Energies, et s'immisce parfaitement dans l'ambiance planante du disque.On savait que la force de Death In Vegas résidait en sa capacité à garder la tension constante, même dans les passages les plus calmes en apparence, grâce à l'utilisation d'harmonies toujours bien placées, et des rythmiques empruntant à la techno, sans que le terme ne soit ici un gros mot. Les éléments jazz, rock, et electro partouzent allègrement, avec des influences lorgnant du côté de chez Kraftwerk ou Alan Vega, et permettent à cet album de venir s'inscrire facilement dans la continuité des précédents, avec des gimmicks qui se révèlent très vite addictifs ("Black Hole", "Scissors"). Le retour très attendu de Death In Vegas dans les oreilles de ses auditeurs ne devrait que les rapprocher encore un peu plus de leurs cœurs.
Sébastien Delecroix
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