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Deftones : Diamond eyes ( Warner Music )
Dix ans : le temps qu’il aura fallu à Deftones pour se remettre de White Pony, l’album charnière et maudit qui allait mettre tout le monde d’accord tout en plongeant le groupe dans les affres du manque d’inspiration.
Il est difficile de se relever après avoir pondu un disque dont tout le monde s’accorde à dire qu’il est « culte » et le gang de Chino Moreno n’a pas échappé à cette implacable loi. Ainsi, l’éponyme Deftones et le mitigé Saturday Night Wrist allaient finir par avoir la peau d’une scène nu-metal moribonde. Et ce ne sont pas les derniers bides de KoRn qui allaient changer la donne.
En 2007, le groupe annonce s’être mis au travail sur Eros, un album décrit comme nihiliste et agressif. Un an plus tard, le bassiste Chi Cheng est victime d’un accident de la route et est plongé dans un profond coma. Un événement qui redistribue les cartes du destin. Eros est finalement mis en stand-by et le band de Sacramento recrute Sergio Vega (de Quicksand) pour mettre sur pied un nouvel album, Diamond Eyes.
D’emblée, on tremble face au mur du son construit par l’architecte Nick Raskulinecz. Fort de son passif avec Danzig, Marilyn Manson ou encore Velvet Revolver, le génial ingé son offre à Deftones l’une de ses meilleures productions et il suffit d’écouter la puissance titanesque des guitares sur le single “Diamond Eyes” pour s’en convaincre. La batterie d’Abe Cunningham n’est pas en reste et le titre d’ouverture, aussi mélodique qu’il soit, est très certainement ce qui arrivé de mieux au groupe depuis “Change (In the House of Flies)”. Chino Moreno délivre quelques prouesses vocales qui font mouche dès qu’elles s’affichent dans un registre émotionnel. Sur “Diamond Eyes” donc, mais aussi sur le massif “Prince” et le larmoyant “Sextape”. Le chanteur s’en sort toutefois nettement moins bien sur les morceaux les plus gutturaux, notamment “Cmnd/Ctrl”, même s’il reprend la main avec “Rocket Skates”.
Surtout, on apprécie le travail sur le grain des instruments, et l’intro de “You’ve Seen The Butcher” nous laisse entrevoir un côté presque industriel, façon Ministry ou Fear Factory, que nous n’avions jusqu’alors pas vraiment perçu chez nos Californiens. S’il n’est pas parfait, Diamond Eyes apparait clairement comme l’album de Deftones le plus ambitieux depuis White Pony, un constat ironique puisque Chi est toujours plongé dans le coma au moment où nous écrivons ces lignes…
Mark Renton
Mark Renton
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