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Diam’s : SOS ( EMI )
La rappeuse en diamant pur revient en pleine forme après avoir pansé ses plaies à grands coups de flow hip-hop et de mélodies gorgées d’instruments.
Parce que les croyances de Mélanie n’ont absolument rien à voir avec le discours et la musique de Diam’s, nous passerons sur toutes les polémiques qui ont entouré la sortie d’SOS. A quoi ressemble donc le quatrième et dernier album de la rappeuse la plus appréciée dans l’hexagone ?
A la première écoute, difficile de ne pas être étonné par la « forme. » Pourtant, SOS est clairement dans la droite lignée de Dans ma bulle, son opus précédent. Ses producteurs, les géniaux Tefa et Masta (à qui l’on doit les albums de Sinik, de Kery James…) ont décidé de se lâcher sur les mélodies. Là où on avait quelques nappes de pianos sur Dans ma bulle, on en trouve ici des tonnes, accompagnées de violons, de guitares sèches, de guitares électriques et, bien sûr, des beats de hip-hop. Ici, tous les instruments ont été enregistrés live en studio. Ce qui offre un côté bien plus mélodieux qu’avant (certains diront plus « chanson française « ) au rap de Diam’s.
Une nouvelle tendance qui est renforcée par les passages au chant de Diam’s. Là où elle ne faisait que chantonner auparavant, ici elle chante carrément sur tous ses refrains. Et, en dehors d’un ou deux petits ratés (comme Cœur de bombe), la MC révèle un timbre assez doux qui accentue chacune de ses émotions. Ainsi, sur le morceau éponyme, SOS, la sensibilité de Mélanie explose vraiment grâce à ses nouvelles notes qu’elle semble avoir trouvées assez facilement.
Mais ce n’est pas parce qu’elle chante un peu plus qu’elle a perdu de son flow. Bien au contraire, il a ici énormément gagné en puissance. Peut-être grâce aux épreuves traversées ces deux dernières années, dont elle nous parle dont la plupart des morceaux. Toujours est-il qu’on a jamais entendu une Diam’s aussi en forme et en mic’ que sur des I am somebody, Sur la tête de ma mère, Peter Pan (le syndrome) ou le génialissime Si c’était le dernier où ma rappeuse fait tout péter, semble ne jamais reprendre son souffle sur plus de dix minutes. Une performance unique en son genre.
Et en ce qui concerne les textes. Aucun prosélytisme, s’il fallait encore le souligner. Simplement un titre sur piano, Lili, qui revient sur les questionnements d’une jeune adolescente voilée et perdue. Deux, trois références aux anges et au Ciel, pas plus. Diam’s est toujours aussi discrète sur ses croyances. Par contre, elle parle énormément d’elle et ouvre son cœur comme jamais. Au menu : ses déceptions amoureuses, ses histoires passées (et vécues ?) dans les bras d’un homme marié (Cœur de bombe, Poussière, SOS), sa descente en enfer quand elle a perdu pied, noyée par le succès en filigrane de beaucoup de morceaux, ses voyages qui lui ont ouvert les yeux sur une société surconsommatrice qui la dégoûte aujourd’hui (Les enfants du désert).
Ses piques au pouvoir en place sont toujours aussi justes et bien senties, comme sur le génial et turbulent morceau Peter Pan (le syndrome). Ou comme sur le très engagé L’honneur d’un peuple, voire le plus doux La terre attendra. Toujours le point en l’air, Diam’s rend aussi un vibrant hommage à cette maman qui a toujours avancé à ses côtés. Et l’on découvre avec elle une véritable guerrière sur Sur la tête de ma mère. Diam’s n’a donc rien perdu ni de sa sensibilité, ni de sa technique ni de sa toujours étonnante force d’interprétation. Elle a même énormément gagné dans tous ses domaines. Et il y a fort à parier que cet album, la première impression étonnante passée, aura une longue et belle vie.
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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