Waxx-Music
   
Rechercher par artiste ou mot clé
 
Waxx mobile
 
Accueil > News-Chroniques > Chroniques > Eels-End-Times
 
Eels : End Times
Eels

Eels : End Times

Ça va pas fort du côté de la Californie : E, tête pensante de Eels et calendrier maya à lui tout seul, nous prévoit sa propre fin du monde. Ça s'annonce moins funky qu'au cinéma…

Quand sa meuf le plaque, le mortel commun gère son chagrin comme il peut : il pleure, il boit, il écoute en boucle "Take my breath away" de Berlin (la B.O. de Top Gun, bande d'ignares handicapés du romantisme !), il erre sans but la nuit dans les rues pavées de solitude – au pire il tabasse un oreiller – mais ça ne va jamais bien plus loin. Quand la meuf de Mark Oliver Everett le plaque, lui il écrit un album. Et comme il n'est pas DU TOUT du genre à dramatiser, il l'appelle sobrement "la fin des temps". Pour être tout à fait franc, on ne sait pas exactement ce qui est arrivé à Everett – il met un point d'honneur à rester vague sur la question, mais le thème de la perte sous toute ses formes est assez récurrent dans End Times pour qu'on s'interroge. À 46 ans passés, E livre ici un album amer et nostalgique, celui d'un homme d'âge moyen en face d'un monde qu'il ne comprend plus tout à fait.

Bref, en un mot comme en cent – et pour citer le poète : "tu vas pas mourir de rire". Sorti six mois seulement après son prédécesseur, le truculent et ludique Hombre Lobo, End Times en constitue le parfait contrepied. D'une splendide noirceur, ce huitième album enregistré à la maison sur un vieux quatre-pistes est une collection de complaintes cathartiques évoquant en filigrane cet être fantomatique à jamais perdu. Quand il n'est pas en train de composer dans sa cave, on imagine bien E arpenter les rues de son quartier, les mains dans les poches et tête rentrée dans les épaules avec en permanence au-dessus de la tête son petit orage portatif pour lui rendre le monde encore plus gris qu'il n'est déjà ; c'est un peu l'histoire d'un "Nowadays" ou d'un "End Times" aux accents vaguement misanthropiques. On ressasse aussi des passés plus ou moins lointains et glorieux, forcément meilleurs en comparaison du présent : les jeunes années ("In my younger days") ou l'idyllique commencement de toute relation ("The Beginning"). Seule fissure marquée au milieu de ce mur de lamentations, un "Paradise Blues" plus enjoué qui vient aérer un peu l'ensemble.

Seule solution en fin de parcours : continuer ("On my feet", qui clôt le disque), comme une tentative d'emprisonner ses démons sur bande magnétique pour aller de l'avant, bon an mal an, car il ne reste plus que ça à faire. Quinze ans plus tôt, il aurait peut-être pris une double dose de "novocaïne pour l'âme"…

Michael Rochette

Michael Rochette


Share

 Envoyer cet article à un(e) ami(e)

     
     
 Artiste
 Eels


 Chronique(s) Date publication
 Eels : End Times 27/01/2010


 News Date publication
 Eels en concert au Bataclan 21/02/2011
 Liam Gallagher et Eels au Main square 2011 10/02/2011
 Eels, un titre en téléchargement gratuit 21/11/2009
 Un nouveau morceau pour Eels 02/04/2009
 Eels sortira bientôt de sous sa roche 06/03/2009
 Eels, gratuit ! 22/10/2008


 Aftershow(s) Date publication
 Eels : Bataclan (Paris), 4 juillet 2011 05/07/2011



Mon espace |           Pas encore inscrit ?

LOGIN :
PASSWORD :
*Vous avez oublié vos identifiants : cliquez-ici