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Elbow: Build A Rocket Boys!
Derrière cette simple pochette illustrée par une aquarelle et un titre qui pourrait faire exploser les ventes de disques chez les talibans, se cache le nouvel album d'Elbow, trois ans après l'acclamé The Seldom Seen Kid. Si Manchester se cherchait un nouvel enfant chéri du rock après le split d'Oasis (qui comportait finalement des pépins), Elbow a tout pour être celui-ci. En plus raisonnable.
Et on peut dire que c'est avec une grande confiance que le groupe aborde ce cinquième album. Ouvrir un disque par un morceau de 8 minutes, ce n'est pas si courant, à mois de s'appeler Dream Theater et de faire du métal progressif. Ici c'est plutôt de pop progressive qu'il est question, tant le morceau en question, « The Birds », monte en puissance -bien que celle-ci soit contenue-, à force de renforts d'arrangements, avec par exemple des cordes qui viennent faire frémir à 5:10 minutes.Harmonieuse à souhait, cette introduction parfaite va plonger l'auditeur dans l'univers façonné par le chanteur Guy Garvey et ses copains pendant 52 minutes. Une grosse durée de vie, et une cohésion à toue épreuve pendant les 11 titres composant la galette. On retrouvera avec plaisir ce titre plus tard dans l'album, mais avec cette fois la voix de John Moseley. Et la voix justement, y est pour beaucoup dans le côté envoûtant -presque mystique- de la musique d'Elbow. Il murmure, il susurre, il assure, le Guy Garvey. Tout semble paisible, apaisé, avec quelques envolées comme la ballade folk « The Night Will Always Win ». Plus rock, on retrouve « Neat Little Rows », guidé par sa ligne de basse et bien efficace, tandis que le refrain d' « Open Arms », tout en choeurs, semble une réponse aux canadiens d'Arcade Fire. Histoire de leur rappeler que c'est en Angleterre que le rock a été inventé et la pop sublimée ? Build A Rocket Boys! se permet de ne comporter que des bonnes chansons, qui toutes assemblées forment un solide ensemble, mais aucune ne saurait prétendre à être un single digne de ce nom. Pas de easy listening ici, malgré de véritables qualités d'écriture, tant au niveau de la musique que de l'écriture, très poétique. Alors forcément, ça fait un peu rock à bo-bo, un peu prétentieux, un peu « dépose une cerise dans mon champagne », mais oui, c'est intelligent et plus réfléchi que bien des productions actuelles. Est-ce qu'il faut pour autant avoir une paire de chaussures à glands pour apprécier ? Certainement pas. Une paire d'oreilles suffira.
Sébastien Delecroix
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