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Empyr : Unicorn
La principale info délivrée par cet album risque d'en réjouir plus d'une : Kyo ne devrait pas tarder à revenir sur les planches...
Deux des membres du groupe pop se trouvent en effet dans Empyr, et la sortie dans l'indifférence totale de leur second opus ne pourra que les inciter à remonter leur formation d'origine, histoire de mettre un peu de beurre dans les épinards. A moins qu'ils n'aient suivi une formation d'agents immobiliers entretemps... Ca ne sentait déjà pas bon à la base. Le disque est disponible dans toutes les rédactions depuis novembre, mais sa sortie a été repoussée trois fois pour finalement se faire en avril, soi-disant pour faire la meilleure promo possible. Ce que cache souvent un tel retard, c'est la faiblesse d'un disque. Banco. Pourtant Empyr sur le papier, c'est du costaud. Deux Kyo donc, un Vegastar, un Watcha et un Pleymo. En revenant quelques années en arrière, on se rappellera que ces formations (les deux dernières du moins) donnaient dans le neo-metal. Un genre qui était alors à la mode. Les Vegastar s'étaient eux incrustés dans la vague emo, et le premier album d'Empyr sonnait comme un ersatz de Deftones. Mais ni le neo-metal ni l'emo ne sont à la mode, alors voici Unicorn, un album... pop-rock. Ca fait très opportuniste, mais après tout si c'est bien fait, pourquoi pas ? C'est ça le problème. Ce n'est pas bien fait, et le groupe n'a plus aucune personnalité. Ca ressemble à tout et à rien, mais surtout à rien. On se met à apprécier un titre insupportable comme « Goodbye » parce qu'on pense qu'il annonce la fin de l'album (et du groupe), mais il ne s'agit que de la... quatrième piste. Et merde, il va encore falloir s'en taper sept autres... Ca partait pas mal pourtant, avec le single « It's Gonna Be », qui a servi de musique à un trailer pour Les Experts aux USA. On dirait le jingle d'une pub pour téléphone portable, mais c'est de la pop FM, ça passe à peu près. On flirte avec le sous-MGMT (qui n'est pourtant pas à un niveau de folie non plus) avec « Do It », l'un des titres à sauver de l'opus. Parmi ces exceptions, soulignons la sombre « Still Here » et surtout « Happy & Lost », qui se trouve être chantée par Flo, le guitariste, et pas par le chanteur Benoît. Assurément le meilleur titre de l'album, qui ne suffit malheureusement pas à sauver un ensemble vraiment médiocre. Le groupe a essayé de faire comme les américains, mais déjà avec un accent anglais de niveau 5ème c'était pas gagné... Il y a de véritables séances de torture qui ont été gravées sur le disque, comme «Helena » ou « My Own Short News Item », qui se veulent sans doute ambiancées et émouvantes, mais s'avèrent aussi chiantes qu'une émission de Michel Drucker. Les guitares sont dépouillées de distorsion et partouzent avec des boucles électro-branchouilles qui galèrent incroyablement à essayer d'être efficaces (« Souvenir », beurk). Bref, cet album est d'une niaiserie consternante (les choeurs d' « Under The Fur » vous achèveront si vous avez réussi à tenir jusque là). Le seul intérêt de sa sortie différée aura finalement été de repousser son année d'élection au titre de plus mauvais disque de l'année. Pour cette compétition, ils ont mis la barre très haut. Il faudra bien Kyo pour aller les chercher...
Sébastien Delecroix
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