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Enrique Iglesias : Insomniac ( Universal )
C'est avec humour qu’Enrique Iglesias a baptisé son nouvel opus "Insomniac", en référence aux longues nuits blanches passées à travailler en studio. Après "7" en 2003, l’artiste espagnol revient avec un huitième album enregistré entre Miami, Los Angeles et la Suède.
Pour l’occasion, le fils Iglesias s’est entouré des producteurs les plus convoités : Mike Spent (Madonna), Sean Garrett (Beyonce, Rihanna, Nicole Scherzinger des Pussycat Dolls), Max Martin (Britney Spears), Kristian Lundin, Mark Taylor et Paul Barry (Ricky Martin) et Anders Bagge (Janet Jackson).
Enfin, outre le premier single "Do You Know ? (The Ping Pong Song)", le disque inclut "Push", titre empreint de tonalités urbaines. Ce duo hip hop variét partagé avec et réalisé par Lil’ Wayne ne convainc pas. La tentative de « street credibility » d’Enrique Iglesias échoue. Tout sonne faux. Un peu de rap, rien de tel pour rallier la communauté américano-hispanique à la cause du jeune chanteur madrilène ! Ensuite, Enrique livre "Ring My Bell", morceau plus mélancolique écrit à Los Angeles en partenariat avec le compositeur suédois Kristian Lundin. Cette ballade essoufflée et mielleuse au possible est truffée d’arrangements et de chœurs kitschissimes qui imitent le chant des baleines. Enrique Iglesias précise tout de même dans le livret de l’album qu’ « aucune baleine n’a été maltraitée au cours de l’enregistrement de cette chanson ». Nous voilà rassurés !
Une fois encore, Enrique s’accroche à son image rebattue de « latin lover » et se complait à jouer ce rôle ("Alguien Soy Yo", "Little Girl"). Parfois, il incorpore aussi des éléments R&B ("On Top Of You"). En feuilletant le livret du disque et en parcourant les annotations laissées par le chanteur, on comprend immédiatement ses intentions. Le latin lover annonce la couleur à travers ses textes : il sort d’une période assez sombre, trois années de sa vie difficiles et chaotiques, peuplées d’interminables nuits de veille et de journées anxieuses. Trop de voyages, de soirées, de stress… Pas facile la vie de star! L’album est censé retracer cette phase brumeuse et s’aventure en de nouveaux terrains musicaux, laissés inexplorés par l’artiste jusqu’à présent.
En dépit des efforts d’Enrique, "Insomniac" se démarque par son aspect poussif et l’extrême ennui que son écoute engendre. La plupart des morceaux de l’album oscillent entre rythmes antillais et racines latines avec un seul mot d’ordre : ballade. Ce dénominateur commun souligne une production ringarde, une indigence mélodique et des paroles inintéressantes.
Éloïse Bouton
Eloîse Bouton
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