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Erykah Badu : New Amerikah - Part One (4th World War) ( Universal )
Avec ce nouvel opus, Erykah Badu vient de fêter ses dix ans de carrière. Dix ans et seulement quatre albums pourraient se plaindre les fans. Mais quels albums ! A chaque fois que la diva texane nous offre une nouvelle galette, c’est toujours pour mieux donner un énorme coup de pied dans la fourmilière de la musique urbaine actuelle. Comme prévu, New Amerykah ne déroge pas à cette règle.
Dés les premières notes de New Amerikah, l’on comprend pourquoi Erikah l’a sous-titré 4th World War. Amerykahn Promise, le premier titre, est un vibrant hommage à la funk engagée. L’intro est d’ailleurs signée Roy Ayers, grand vibraphoniste américain qui connut justement ses heures de gloire dans les années 70. Sur le morceau suivant, The Healer, la chanteuse au timbre profondément soul fait appel au talentueux Madlib pour produire un hymne au hip-hop « bigger than religion, bigger than « ma nigga », bigger than the governement. ».
Vous l’aurez compris, on construit ici un hip-hop révolutionnaire dans les rythmes (mélange de breakbeat, d’electro déjantée, de rythmes soul-funk) et dans les propos. Pour Erykah Badu, la troisième guerre mondiale a déjà eu lieu et la quatrième se prépare. Un peu à la limite de l’apocalyptique, la jeune maman trentenaire égraine des thèmes aussi graves et actuels que la drogue, les rapports avec la police, la violence urbaine, l’ouragan Katrina, la guerre en Irak, les dérives de la société américaine et les problèmes de la communauté noire. The Cell revient sur les dommages créé par la cocaïne, comme That Hump, Soldier traite de la stupidité de la guette alors que Master Teacher fustige l’inégalité entre blancs et noirs. Les textes restent sombres et jouent toujours plus sur les mots et les métaphores, comme cette pionnière du spoken world l’a toujours fait.
Mais, au niveau des musiques, on est beaucoup moins dans ce minimalisme auquel elle nous avait parfois habitué. Elle a ici fait appel aux plus créatifs talents de la scène hip-hop, comme les producteurs 9th Wonder (Honey), Madlib (My People), Mike « Chav » Chavarria (Twinkle), le trompettiste Roy Hargrove (Me) et le chanteur Bilal (The Healer).
La compagne de l’excentrique André 3000 d’Outkast a conservé sa folle poésie et y a rajouté de grosses rasades de funk, de soul et d’electro pour un mélange détonnant, toujours frais et dont on découvre des subtilités à chaque nouvelle écoute. Et histoire de prolonger le plaisir, la chanteuse a décidé que New Amerykah serait plus qu’un album, un concept. En effet, ce disque est le premier d'une série, dont l'exemplaire suivant sortira dans les mois prochains. Il n’y a donc qu’une seule chose à rajouter : MERCI !
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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