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Feist : Metal
Le nom et la pochette ne sont pas trompeurs : Metals est un album de cold pop, un disque froid, non pas dans ce que dégagent les chansons qu'il contient, mais dans l'atmosphère qui y règne.
Il y a bien entendu une explication derrière cela. Ce quatrième opus a été écrit en février à Toronto, puis enregistré sur la côte californienne, avec comme point de vue la démarcation entre la côte et l'infini de l'océan. L'endroit et l'ambiance semblent être des facteurs plus qu'importants au travail de la chanteuse canadienne, qui franchit ici un nouveau cap. Si Apple attendait une suite à 1,2,3,4 (qui se serait logiquement appelée 5,6,7,8) pour faire la pub de l'I-Pad 32, la pomme risque d' avoir un pépin. Metals ne contient pas de titres de cette trempe radiophonique, mais regorge de bonnes chansons, plus travaillées.
On sent, dans les arrangements, les dynamiques, une volonté d'expérimenter, d'avancer un peu plus loin dans les sentiers de la pop. Un peu comme dans une randonnée en montagne, Feist semble être allée au bout du chemin balisé, mais veut encore explorer la crête, et ne va pas hésiter à faire du hors-piste, quitte à se faire griffer les genoux par de vilaines ronces ou quelques rochers. Des titres comme A Commotion se font ainsi remarquer, de même que les chœurs, omniprésents sur tout l'album, mais toujours délicatement placés, comme sur Bittersweet Melodies ou Unidiscovered First. Ils sont également présents sur Graveyard, l'un des moments forts du disque, sans aucun doute appelé à devenir un rendez-vous incontournable en concert.
Les collaborateurs de Feist ont travaillé dur pour aménager cet album, et sont parvenus à le rendre d'une cohésion solide comme la roche, en prenant comme élément central la voix de la chanteuse. Chilly Gonzales et Mocky ont réussi à plonger la brunette au milieu de son univers, et à la laisser s'exprimer en la guidant avec quelques indications, comme les cordes et cuivres, toujours utilisés à discrétion et bien sentis (Anti-Pioneer). Là où on ne peut que reparler du côté froid de l'album, c'est en constatant l'apport de Valgeir Sigurosson. Déjà avec un nom comme ça, ça ne respire pas les îles tropicales, alors si en plus on rajoute le fait que le gaillard a notamment travaillé avec Björk, on plonge direct dans l'eau glacée. Mais la sensation est bien plus agréable et affecte beaucoup moins les terminaisons nerveuses.(que plonger dans l'eau glacée, pas d'écouter Björk... quoique). Metals est en effet un disque calme, peut-être même trop, mais qui sous ses airs de folk timide n'hésite pas à s'emballer et à venir briser la glace.
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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