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Game : The R.E.D. Album
Ultra attendu, Game a pris son temps (peut-être un peu trop) pour revenir avec un rap qui fait bien saigner tous ses concurrents… en toute amitié!
Cela ne fait que trois ans qu'est sorti son dernier opus et qu'on attendait le nouveau. Mais dans le monde de la musique, et plus particulièrement du rap, trois ans, c'est très long. A force d'avoir repoussé son The R.E.D. Album, Game a pris le risque de lasser et que sa sortie (à quelques semaines de celle de Lil Wayne, pas de chance) passe un peu à l'as. Ce qui est bien dommage tant les 21 titres proposés ici sont bons! Mais Game, ex The Game, a peut-être un peu trop joué au yo-yo avec ses fans. Rappel: après L.A.X., il annonce en grandes pompes qu'il est temps pour lui de prendre sa retraite. A 26 ans, y'en a qui se font pas chier! Revenu sur sa parole, il ajoute, quelques mois plus tard, que peut-être, quand même, il en ferait un dernier, le tout dernier, promis-juré-craché, si jamais il pouvait rebosser avec Dr Dre, Ice Cube et tous ses potos de Compton. L'opus devait s'appeler, à l'époque, D.O.C. (The Diary Of Compton).On retrouve en effet bel et bien Dre ici, juste pour un morceau (Drug Test avec Snoop Dogg) mais c'est Pharell Williams qui chapeaute surtout l'ensemble. Toutefois, Game a opéré un réel retour aux sources. Le Mc tout tatoué de Los Angeles a en effet rejoint le label initial de ses débuts, le Aftermath Records du bon Doctor (qu'il avait quitté suite à ses petits soucis avec 50 Cent). De plus, si le côté R.E.D. sonne comme une allusion à la couleur sang du gang des Bloods dont fait partie Jayceon Taylor, c'est surtout un moyen d'exprimer son dévouement (R.E.D. pour re-dedication en anglais) à son quartier de Compton. S'il a quelque peu limé ses crocs et a mis fin à ses multiples diss, il reste un rappeur au-dessus des autres.Dés le premier morceau, The City avec le génial Kendrick Lamar, Game dépose sa rage d'une forte intensité et nous raconte tous les épisodes de sa vie depuis L.A.X. Comme très souvent chez Game, l'album est un grand catalogue de producteurs et d'invités prestigieux. Côté musique, on retrouve Cool & Dre, Khalil, Mars, Pharell Williams, Geoff Gibbs, The Futuristics… Au final, on aurait tort de s'en plaindre car chacun d'eux a réussit à saisir la substantifique moelle de l'artiste et a créé une ligne mélodique globale très homogène et cohérente, dark et lourde comme il faut! Celui qui fait peut-être le plus plaisir, c'est DJ Premier avec son Born In The Trap bien vintage. Alors, oui, le son n'est pas super west coast. Mais il faut savoir évoluer et Game l'a très bien fait!Les invités sont presque plus nombreux que les producteurs. Et là, on est un peu moins dans le choix judicieux. Commençons par les très mauvais castings. Nelly Furtado sur Mama Knows et une prod de Pharell des plus "musique d'ascenseur", ça donne surtout envie de dormir. Le sirupeux All The Way Gone avec Mario et Walc, ça colle quand même très mal avec l'image de bad boy de Game! Le duo avec Young Jeezy sur Paramedics est vraiment surjoué dans le coté sudiste au grain de voix défoncé. Par contre, sa rencontre avec Tyler The Creator sur Martians vs Goblins donne une danse macabre très réussie. Le Red Nation avec Lil Wayne est un hymne incontestable auquel il est très difficile de résister. Et le Pot Of Gold feat Chris Brown est un excellent mélange rap-r&b, comme seul l'ex de Rihanna peut les réussir.Commercial, bien sûr, mais dans le bon sens du terme, The R.E.D. Album valait le coup d'attendre.
Adeline Lajoinie
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