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Ghinzu : Mirrror mirror ( Universal )
« Miroir, miroir, dis-moi qui est le plus beaux des groupes belges ». Après nous avoir inondés des nuisibles Plastic Bertrand, Lara Fabian ou Johnny Halliday, notre voisin en conflit familial permanent se fait pardonner depuis quelques années, grâce à des groupes rock de fort belle facture. Et à ce jour, Ghinzu en est le meilleur ambassadeur.
Après avoir franchi sans aucun soucis le cap du second album avec l'excellent Blow, les voici donc qui s'attaquent à la péninsule du troisième. Et de manière frontale; comme en atteste la puissante « Cold Love ». Les membranes des haut-parleurs vont vibrer comme bat un coeur lors d'une première étreinte, les voisins vont taper du balai comme le font des CRS sur des manifestants pacifiques. Avec une aisance remarquable, ils dévoilent un autre versant de leur personnalité sur « Take It Easy », frais, aérien et efficace dès la première écoute. Un tube en puissance parmi tant d'autres.
Car Mirror Mirror regorge de pépites post-new-punk-wave-tout-ça. La Reine d'Angleterre aurait d'ailleurs proposé de racheter la Belgique juste pour que Ghinzu puisse intégrer sa collection de groupes géniaux. Il faut dire que sur le titre éponyme, le riff qui déboule après 1 minute et 20 secondes de montée en puissance viendrait presque faire passer Muse pour des Teletubbies. Rythmique implacable, guitare qui poutre : voilà un titre qui s'annonce comme incontournable en concert. Les couplets sont plus clinquants, la voix de John Stargasm déverse un flow traînant, et on pense aux Franz Ferdinand. Les textes, sombres en apparence (avec des titres comme « The End Of The World » ou « This War Is Silent »), manient tout le long de l'album une douce ironie, comme sur l'enivrante « Dream Maker » : « Sign the paper / Life is bright / Get Your Dirty Credit ». A savourer, en ces temps de crise organisée.
Ghinzu est impressionnant de maîtrise, passant aussi bien de déflagrations sonores comme « Kill The Surfers » à des instants de douceur comme « This Light ». Le sentiment de joyeux bordel, installé également par la jolie pochette, disparaît au fur et à mesure que les titres défilent. Comme un marionnettiste (ou un homme politique) au somment de son art, le groupe belge tire les ficelles sans que l'on puisse les distinguer. Elles ne sont pas grosses du tout, et même tellement fines qu'elles emmènent l'auditeur là où elles le veulent, en lui procurant du plaisir du début à la fin.
Mirror Mirror est un fabuleux troisième chapitre, qui fait de Ghinzu la meilleure des histoires belges.
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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