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Good Charlotte : Cardiology
« Good Charlotte, c'est pas du punk ! ». C'est ce que tout le monde a toujours dit depuis leurs débuts. Et pourtant, ils ont inventé un autre courant à ce genre musical : le punk bling-bling.
Parce que le punk c'est quoi hein ? 1977 ? Les Clash ? Londres ? Dormir avec son chien dans la rue ? Porter la même paire de chaussettes pendant 2 semaines ? Continuer à n'écouter que des groupes qui enregistrent dans des garages et sortent leurs titres en cassettes en 2010 ? Alors non, Good Charlotte, ce n'est pas du punk. Mais ils en viennent, ils adoraient sans doute cette musique quand ils étaient jeunes (Rancid, Social Distorsion), et ils ont réussi ce que tout les groupes voulaient faire : infiltrer le star system pour mieux le baiser. Sauf que pour eux, c'est au sens littéral, le chanteur Joel Madden étant marié à Nicole Richie (fille de) et le guitariste Benji Madden étant l'un des quelques centaines d'exs de Paris Hilton (fille de).
Mais le punk bling-bling, ce n'est pas que coucher avec des starlettes et avoir des tatouages Malabar du gros orteil à l'arcade sourcilière. C'est aussi essayer de piquer le son des Killers pour faire secouer les boules sur le dancefloor. Ca ils l'avaient déjà fait sur le précédent opus, et ils ont annoncé pour Cardiology un retour aux sources. Ce n'est pas faux. Les 15 titres (dont une intro et une outro) font totalement le pont entre les chansons pop/punk pour faire jumper les kids (« Couting The Days ») et les incartades electro (« Last Night »). En cela, « Silver Screen Romance » est la chanson regroupant parfaitement tous les éléments du son de Good Charlotte. Si l'on retrouve tous les défauts du groupe, notamment au niveau d'un chant toujours aussi maniéré et répétitif, ce qui a fait le succès du groupe auprès des ados répond également présent. Voilà donc un paquet de refrains efficaces, toujours énergiques et possédant cette fameuse capacité du « easy listening » (« 1979 »). Le soucis, c'est que cette formule s'apparente un peu au chewing-gum : c'est frais au début, il y a plein de saveurs dans la bouche, mais à force de mâcher il n'y a plus de goût et ça peut même donner des caries.
Car à l'inverse de The Chronicles Of Life & Death (sous-estimé mais sans aucun doute leur album le plus abouti), il n'y aura pas à revenir plusieurs fois sur Cardiology pour en percevoir toutes les nuances et les subtilités dans les arrangements. C'est bien là le soucis : on a l'impression de marcher en terrain connu, et déjà arpenté des millions de fois. Les « hey » et « oh » sont partout (le single « Like It's Her Birthday »), quelques riffs de guitare à la U2 pour faire mature (« Right Where I Belong »), et les accents new wave que le groupe aime tant aussi, comme sur « Sex On The Radio ». Cette dernière fait d'ailleurs apparaître le plus gros défaut de Good Charlotte : les paroles sont juste... nulles, à ne parler que de boire du champagne en boîte, être trop amoureux de sa copine... enfin du punk bling-bing quoi. C'est à se demander si le chanteur Joel ne va pas racketter les rédactions des collégiens de 12 ans à la sortie des cours. En fait les Good Charlotte, ce sont tout simplement les Superbus américains.
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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