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Green day : 21st Century Breakdown ( Warner Music )
De retour après le carton planétaire d'American idiot (15 millions d'exemplaires vendus quand même, presque autant que les exs de Paris Hilton), Green Day reprend les guitares avec un nouvel album conceptuel tournant autour d'une dualité entre Christian et Gloria, un garçon et une fille aux patronymes bibliques qui veulent faire la révolution. Leur parcours sera bien entendu semé d'embûches, à l'image de cet album, alternant le bon et le moins bon, soufflant le chaud et le froid.
Si American Idiot s'apparentait à des montages russes rythmiques et émotionnelles, ce nouvel opus ne nous emmène que dans une pauvre auto-tamponneuse. La faute à un concept moins poussé, une cohésion entre les titres moins évidente, et une durée poussive. Alors on essaie de faire l'impasse sur le single pas très réussi "Know Your Enemy", pourtant efficace avec ses "ohé-ohé" , sur l'insupportable "Before The Lobotomy" ou sur l'inutile "Last Night On Earth", pour se concentrer sur les titres nerveux et même morveux qui font de Green Day le groupe de punk le plus populaire du monde. Et là Billie Joe nous a gâtés, avec "Christian's Inferno" par exemple, un rien psychédélique, ou la montée en puissance de "Horseshoes & Handgrenades".
Se rappelant qu'une bonne chanson punk privilégiait avant tout la combinaison de l'énergie et de la mélodie, le trio de Berkeley nous offre des pépites comme "Viva La Gloria !", "American Eulogy" ou "Murder City", mais dévoile également une nouvelle facette de sa musique en apprivoisant leur power pop diabolique sur "The Last Of The American Girls" ou le tube évident qu'est "21 Guns", morceau qui apparaît sur la BO du blockbuster Transformers II. Le groupe a décidé de faire du neuf avec de l'ancien, et c'est revendiqué, puisque ils ont qualifié 21st Century Breakdown d'album de Green Day le plus influencé par ... Green Day.
Alors bien évidemment on sourcille en entendant les ressemblances entre certains titres de cet opus et d'anciens tirés de Warning, comme "The Static Age", "Peacemaker" ou "Mass Hysteria", mais ces morceaux bénéficient d'une grosse qualité de production signée Butch Vig (Nirvana, Sonic Youth, Smashing Pumpkins...) qui leur donnent leur propre personnalité. Si tant est qu'une personnalité puisse être sale... Ah bah si, Paris Hilton... La chanson éponyme "21st Century Breakdown" vient d'ailleurs se placer dans la lignée directe d'American Idiot, avec sa décomposition en trois parties musicales et ses petits aires d'opéra-rock (le solo de guitare à la fin en hommage à Queen).
Pourtant cet album souffre beaucoup de la comparaison avec son prédécesseur, et regorge de nombreuses faiblesses ou moments d'ennui. Trop long, pas toujours pertinent, 21ct Century Breakdown n'en demeure pas moins un très bon album de rock. Mais il passe après American Idiot. Et ça, c'est aussi facile que de passer sur une fille après Hugh Jackman.
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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