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Greenshape : Storyteller
"Un jour on a des nouvelles du géniteur, qui a trop joué de la bouteille et de la Winchester sur sa troisième ou quatrième femme". La bio de Greenshape est une excellente incursion dans l'univers du Storyteller. Et l'histoire qu'il raconte, c'est la sienne.
Autant dire que ça ne respire pas la joie tout le temps. Comme dans la vie. Chaque étape de son parcours, douloureuse ou non, est forcément marquée par une rencontre musicale. Bien évidemment les Beatles et Nirvana sont passés par là, mais c'est surtout Johnny Cash qui semble avoir marqué le gaillard (Pound After Pound). Sa plus belle rencontre est celle avec sa première guitare au pied du sapin, et la folk devient sa compagne. Puis les gants de boxe ses compagnons. Les coups, il les prend sur le visage, les inflige aussi, avant de les asséner sur les cordes de son instrument en bois. Cette nouvelle aventure entamée depuis 2003 l'amène à de nouvelles rencontres, dont celle décisive avec Sober & Gentle (Cocoon, Kid Bombardos -autre groupe ayant un rapport à la boxe), qui le signe et lui permet d'aller enregistrer en compagnie de Tore Johansson, qui même si il n'a aucun lien avec la Scarlett a quand même côtoyé du beau monde: Franz Ferdinand, Cardigans, New Order, A-Ha...Pas étonnant donc de retrouver une production très léchée, comme sur In Your Land ou Chloe's House, pour lesquelles les arrangements sont totalement au service de la voix suave de Greenshape. C'est le principal atout du chanteur; ce timbre alliant mélancolie et chaleur, qui permet à sa folk intimiste de ne jamais basculer du côté obscur de la force, de toujours conserver, de par les harmonies, les mélodies (Please), des sonorités optimistes au sein d'ambiances résolument sombres (Feel Better, titre explicite). Le début de l'album notamment, réserve de savoureux moments, comme ce très joli duo sur Seed & Sand, le chant féminin qui vient doubler les refrains fait des merveilles. La courte introduction du même nom que l'album, Storyteller, aura parfaitement joué son rôle, bien guidée par les notes de piano. Un titre comme Everglades sonne comme la bande-son parfaite pour un road trip dans une amérique déglinguée des années 70, et tient largement la comparaison avec les titres de Yodelice, autre amoureux de ce savant mélange folk-pop qui ravit les cages à miel. La vie a parfois envoyé Greenshape dans les cordes, mais à l'écoute de ce premier album, il a bien fait de ne pas jeter l'éponge, et devrait encore avoir de jolis rounds à disputer.
Sébastien Delecroix
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