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High tone : Underground Wobble ( Pias )
Figure emblématique du Dub français, aux cotés de Zenzile, High Tone n’a depuis ses débuts cesser d’emmener la musique là où on ne l’attendait pas forcément, à l’image de leur avant dernier album «Wave Digger», qui en aura déconcerté plus d’un à sa sortie, alors qu’il était le reflet de l’ouverture d’esprit d’une formation aux mutations souterraines complexes.
Avec leur nouvel opus «Underground Wobble» , on peut dire que High Tone revient aux sources, celles d’un Dub toujours aussi profond et métissé. Fort de leurs expériences passées à confronter leur musique à celle des autres, à l’image de la rencontre avec l’artiste chinois Wang Leï, qui aura abouti à l’album intitulé «Wangtone» ou aux cotés de leurs frères de sang Zenzile pour un Zentone dévastateur, la formation lyonnaise est en recherche constante de nouvelles sensations et couleurs.
Si à la première écoute, «Underground Wobble» semble marquer un retour à leurs origines, on se prend à découvrir au fil des écoutes, que ce nouvel objet sonore est beaucoup plus subtil qu’il n’y paraît, à l’image du track «Freakency», petite tuerie electro dub rock avec les pieds dans un hip hop futuriste qui vous en met plein la tronche. Le hip hop, qui mine de rien est là, de manière sous jacente avec l’utilisation recherchée des scratches en arrière plan, «X-Ray».
Sur «Ask The Dus », le sample d’intro nous emmène dans une comédie musicale aux allures de freaks, virant à une promenade paisible sur des rivages gorgées de cordes et de guitares trip hop avant de prendre un virage résolument grime drum’n’bass explosif., changeant d’ambiances tout au long des 7’40 que dure le morceau. Une petite merveille de composition qui allie avec maestria l’art du dancefloor et de l’écoute domestique. Un des titres phares de l ‘album. Mais pour les amoureux de sensations fortes, on leur dira d’aller jeter une oreille su Speed 110, aux basses puissantes sur synthés vrillés, rythmiques explosives et flûtes asiatiques. Avec «Day Break Leaving», on revient à du High Tone de facture plus classique, si ce n’est par l’utilisation de ce qui ressemble d’instruments à vent chinois. Le Moyen Orient est aussi présent avec le très electro dub «Round Trip».
Vous l’aurez compris, High Tone réussit une nouvelle fois à nous emmener sur une planète lointaine d’où sont bannies les notions même de frontière et de chapelle, à coups d’expérimentations et de racines enfouies au plus profond de la Terre. Un album lumineux d’humanité.
Roland Torres
Torres Roland
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