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Jay-Z : American Gangster
Non, sérieusement, vous pensiez vraiment que Jay-Z allait se la jouer gentil retraité pépère ? Vous seriez bien naïfs…
Quand le grand MC-producteur a annoncé sa retraite du « rap-game » en 2004, considérant avoir atteint tous les objectifs qu’il s’était fixés, le monde du hip-hop a vécu un véritable tremblement de terre. Un séisme tout ce qu’il y a de temporaire puisque le faux-papi, président du grand label Def Jam a repris du service dés novembre 2006 en sortant Kingdom Come. On n’est donc pas étonné de le voir revenir avec un nouvel opus, aussi original que génial, la fausse bande originale du film American Gangster.
Dixième album en onze ans de carrière, American Gangster démontre (si cela était encore nécessaire) que Shawn Carter, de son vrai nom, est aussi doué comme rappeur que comme créateur d’album. Ici, chaque chanson a été inspirée par des scènes du long métrage éponyme réalisé par Ridley Scott. Il n’a pas été très difficile pour Jay-Z de rentrer dans le costume de gangster et l’ambiance du film est parfaitement retranscrite. Il n’est cependant pas obligatoire d’avoir vu American Gangster pour apprécier ces quinze titres. C’est bien simple, il n’y a que du lourd.
Au niveau des productions, on trouve, excusez du peu, de nombreux sons réalisés par l’autre grand du rap américain : Diddy. Puffy a apparemment largement pioché dans ses archives et sa collection de samples de soul des seventies pour offrir des morceaux qui oscillent entre vieux groove et break beats électroniques. Le reste des morceaux sont tout aussi prestigieux. Le premier single, Blue Magic, tourne sur un sample de Pharell Williams alors que Fallin’ est passé sous les mains expertes de Jermaine Dupri. Les invités ont, comme pour toute bonne soirée jet-set, été triés sur le volet : Nas (Success), Lil Wayne (Hello Brooklyn 2.0) ou Beanie Sigel (Ignorant Sh*t). Parsemé d’extraits sonores issus du film, cet album bénéficie d’un tonalité à la fois grave et classueuse. Seule femme dans ce monde de brutes, Beyoncé vient poser sa voix cristalline sur Pray pour nous raconter la vie de gangster, du côté de la compagne.
Pas besoin de fermer les yeux, avec American Gangster on voyage en cinémascope. Du grand spectacle !
Lajoinie Adeline
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