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Jennifer Lopez : Brave ( Sony/BMG )
Prolifique, mademoiselle J-Lo (oups, on n’a plus le droit de l’appeler comme ça…) ! En 2005, elle sortait son quatrième opus, Rebirth. Le 27 Mars dernier, elle nous offrait un album tout en espagnol, Como Ama Une Mujer. Et seulement quelques mois après, la revoilà avec Brave, un disque tout en anglais, cette fois. Vous n’en avez pas entendu parler, c’est normal. Avec seulement 53 000 exemplaires vendus la première semaine, Brave est un relatif échec, qui pourrait coûter cher à la chanteuse, qui pourrait bien se faire larguer par sa maison de disque, Epic Records, d'ici peu. Qu’est-ce que Brave a donc de si décevant ?
Petit retour en arrière. Jennifer Lopez avait conquis les cœurs avec son travail ibérique. Bien loin des standards R&B auxquels elle avait habitué son public, la belle avait préféré un son plus pop-rock (à l’image du single Que Hiciste), plus latino et même parfois carrément classique, avec la la participation de l'Orchestre symphonique de Londres sur quatre titres de l'album. La marque de son mari-producteur, le chanteur de salsa Marc Anthony, était clairement palpable.
Mais ici, Jennifer Lopez change à nouveau de registre et ce n’est pas forcément une réussite. La latine se fait électro-R&B et n’a pas lésiné sur les moyens. Ryan Tedder, J.R. Rotem, Bloodshy & Avant, Midi Mafia... Ils sont près d'une quinzaine à avoir produit ce cinquième album en anglais. L’objectif est clair : cet album n’est pas fait pour s’écouter mais pour se danser. Les cinq premiers morceaux sont calibrés discothèque et donc tout à fait inécoutables. On a parfois l’impression d’entendre de la mauvaise dance des années 80. J-Lo a beau essayer de se faire sexy, doucereuse, rien n’y fait. Les grosses basses vulgaires viennent irrémédiablement tout gâcher.
Pourtant, tout n’est pas à jeter. Brave, le morceau éponyme de l’album, fait bouger tout en douceur et laisse de la place à la voix toute en force de Jennifer Lopez. Les ballades sont également bien plus satisfaisantes que les morceaux « festifs ». Sur Never Gonna Give Up, empreint de beaux violons, le funky I Need Love ou le très touchant Wrong When You’re Gone, sur un joli solo de piano, on retrouve la Jennifer Lopez artiste. Sa voix n’est plus vocodée, trafiquée, on entend enfin ses modulations et elle arrive même à nous communiquer cette chaude émotion qui plait tant.
Dans l’ensemble, Jennifer Lopez semble avoir fait quelque chose de marketing bien plus que d’affectif. Quand le cœur n’y est pas, ça s’entend et ça fait un peu mal aux oreilles… Dommage…
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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