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Joss Stone : LP1
Malheureux hasard du destin, le 5ème album de Joss Stone est sorti 48 heures après la disparition d'Amy Winehouse. Un volcan s'éteint, un être s'éveille?
Joss Stone a beau n'avoir que vingt-quatre ans, elle n'est pas une jeune première. Découverte outre-manche à treize ans dans l'émission de la BBC Star For A Night (hé oui, nous, on a récupéré Nolwenn et Steeve Estatof), elle signe pour son tout premier disque, The Soul Sessions alors qu'elle n'a que seize ans. Ce sublime dix titres, qui reprend des classiques d'Aretha Franklin, The Isley Brothers ou Laura Lee lui permet de sortir Mind Body & Soul l'année suivante, démontrant alors que la chanteuse au timbre craquelé d'une rare maturité est aussi une très bonne auteur-compositrice. Malheureusement, celle que Smokey Robinson avait surnommé "Aretha Joplin" ne transforme pas l'essai comme on aurait pu l'espérer et les deux galettes suivantes, sorties en 2007 et 2009, n'ont vraiment pas grand intérêt. Malgré ses 11 millions d'albums vendus, tous ses Grammy et Brit Award, ces cinq dernières années auront surtout été marquées, pour la belle, par ses couleurs de cheveux constamment changeantes, sa photo nue pour la PETA et l'excellente reprise du tube de Sly & The Family Stone, Family Affair, avec son pote John Legend et Van Hunt en 2007.Pas folichon, folichon quand même. Pourtant, avec sa voix de grande soul woman, Joss Stone peut faire trembler les montagnes. Manque d'ambition ou mauvais conseillers, toujours est-il que l'on avait vite fait d'enterrer la jeune fille comme une jolie pousse qui n'avait jamais vraiment fleuri. Mais c'était sans compter sur Dave Stewart. Quel rapport avec le schmilblick, me direz-vous? L'ancien Eurythmics a pris la demoiselle sous son aile et a décidé de la faire travailler autrement. Il lui a fait enregistrer ce nouvel album en six petits jours, à Nashville Tennessee. Si l'on n'est pas dans les secrets de construction, il est clair que l'artiste confirmé a poussé sa novice vers de nouveaux chemins musicaux. Le rock, bien sûr, qu'on entend dés les premiers accords du puissant Newborn mais aussi le funk, la folk, le blues et la pop. Et quand on sait que le nouveau duo prépare un album en commun avec Mick Jagger sous le nom de Superheavy, on comprend que la belle parte vers des directions plus échevelées.Plus libre que jamais, celle qui a quitté sa maison de disque pour monter son propre label, Stone'd Records, fait exploser son grain de voix si particulier sur les seulement dix morceaux de ce LP qui ressemble plus à un EP, du coup. Tous les styles sont ici triturés, pressurés, mixés pour en faire ressortir la substantifique moelle. Karma, avec ses beats funk et sa guitare rock, nous offre l'image d'une femme sensuelle et sûre d'elle. Dont' Start Lying To Me Now, plus bluesy, aurait pu être chanté dans un vieux club enfumé tant le côté grave de son chant est mis en avant. Alors que Somewhow, électrisé et très pop, permet à Joss de crier sa joie solaire au monde entier, accompagnée de chœurs vrombissants. Les ballades comme Drive All Night ou Landlord sont moins intéressantes que les titres où la belle travaille vraiment son interprétation comme le touchant Take Good Care. Mais la soul reste sa meilleure amie et elle excelle sur le sublime Last One To Show. La nouvelle Joss Stone est née et elle entend bien compter parmi les divas du moment!
Adeline Lajoinie
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