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Kanye West : My Beautiful Dark Twisted Fantasy ( Universal )
Le plus arrogant et mégalomane de tous les rappeurs s’est taillé un album à sa démesure, diamant éblouissant de mille feux...
Ceux qui avaient aimé 808s and Heartbreak ne devrait pas vraiment être trop déçus. Mais ceux qui suivaient Kanye depuis les géniaux College Dropout et Graduation vont, eux, être clairement soulagés. Le rappeur-producteur-icône de la mode-réincarnation auto-proclamée du sauveur sur terre n’a rien perdu de son arrogance mais a rangé son insupportable auto-tune dans un placard. Après l’avoir érigé comme ligne artistique sur tout son dernier opus, il a enfin décidé de revenir à ses basiques qu’il maitrise comme jamais : un mélange toujours étonnant de pop, de rock, de musique classique, de soul, de funk, de jazz, de hip-hop… Kanye West a cet extraordinaire talent de maitriser tous les univers musicaux et de savoir comme personne les mixer entre eux.
Génie outrageusement arrogant, comme l’on démontré ses derniers clips (sur celui de Power, il apparait dans un tableau mouvant, entouré de créatures mythologiques, dans un décor babylonien, avec un rayon de lumière qui vient le frapper en haut du crâne, à la manière du grand créateur lui-même et celui de Runaway est carrément un film de 34 minutes 32, second plus long clip du monde, après le Ghost de Michaël Jackson), Kanye a eu l’intelligence de se remettre à ce qu’il faisait le mieux. Chacun des 12 titres porte son univers propre : on débute avec un Dark Fantasy qui a tout d’une intro de comédie musicale, on passe à un All The Lights pompeux de chœurs et de cuivres, un Hell of a Life presque country, aux basses saturées ou un Who Will Survive In America où Gill Scott Heron psalmodie un discours libertaire et très enagé.
Ca, c’est pour les titres où l’artiste à l’ego démesuré se retrouve seul face au micro. Car un autre de ses talents réside dans un carnet d’adresse que tout rappeur pourrait tuer pour se procurer. Et le plus étonnant, c’est qu’il ne se contente pas de poser les feats ça et là. Il utilise chacun de ses invités comme un véritable instrument de musique. Sur un Gorgeous porté par une guitare électrique étouffée, par exemple, il pose son flow et ceux de Kid Cudi et Raekwon pour des performances a capella. Monster, réunissant Jay-Z, Nicki Minaj, Rick Ros & Bon Iver, sonne étrangement comme une réunion de diablotins à une fête macabre. Swizz Beatz, Jay-Z, Pusha T, Prynce Cy Hil & RZA apporte la lourdeur de leur phrasé maitrisé pour un Appealed des plus poignants. Alors que John Legend adoucit encore le magnifique duo violon-piano du si tendancieux Blame Game. Tous ces univers étant extraordinairement réunis sur Runaway, qui débute avec des notes de pianos solitaires avant d’enchainer sur un beat de Pete Rock, de continuer en rap chanté et de terminer sur une guitare qui crisse
Kanye a bien raison de conserver son immense ego. Il est bien l’un des meilleurs rappeurs au monde !
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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