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Katie Melua : The House
Ecouter Katie Melua, c’est un peu comme entrer dans un profond sommeil après une belle journée. On sait déjà qu’on va être bien et que les songes seront tous plus doux les uns que les autres…
La pochette du quatrième album de la britannique d’origine géorgienne annonce d’ors et déjà la couleur : un regard d’une intensité rare, des cheveux qui volent au vent et des touches de lumières sur sa peau, un peu comme des lucioles enchantées et une maison en fond, cachée dans les limbes de fumée. Nous sommes bel et bien ici dans l’univers du vaporeux, du rêve. Mais avec une bonne dose de nouveauté. A vingt-cinq ans, la belle brunette a déjà trois albums à son actif et un best of. Depuis 2003, elle déverse sur toute l’Europe son flow de belles mélodies folk-pop à la douceur toute naturelle. Mais, l’âge aidant peut-être, Katie a ressenti le besoin viscéral d’évoluer. Vers quelque chose de plus moderne. Sans rien perdre de son potentiel onirique.C’est alors vers le producteur d’électro William Orbit que la belle s’est tournée. Ce génie, principalement connu pour son travail sur l’album Pop Satory d’Etienne Daho en 1986 et sur Ray Of Light de Madonna a tout de suite saisi l’essence de Katie. Celle dont les précédentes productions se sont écoulées à plus de dix millions d’exemplaires a une voix cristalline d’une chaleur rare. Mais surtout, son talent d’interprétation rend immédiatement n’importe quelle chanson captivante. En jouant sur son aura et en y ajoutant quelques grammes de mystère, William Orbit a fait de la jeune et frêle Katie une véritable ondine, voguant au milieu d’un marais à la fois inquiétant et apaisant.C’est sur The Flood que les arrangements électros se font le plus sentir. Un titre qui monte en puissance peu à peu et qui permet à la chanteuse de transformer sa légèreté inhérente en belle force vocale. On découvre le même changement de registre sur un titre carrément rock, God On The Drums, Devil On The Bass, sur lequel le timbre aérien se fait plus lourd, plus profond, étonnamment grave et sensuel. Les chemins musicaux se croisent sur cet album sans jamais s’entremêler. Ainsi, le titre d’ouverture, I’d Love To Kill You est d’une beauté frigorifique et nous glace le sang avec plaisir. Alors que Red Balloons est tel un souffle dans le cou, un souvenir évanescent de notre enfance, quelque chose d’une rare délicatesse. L’élégance est omniprésente ici, dans chaque chanson, du lumineux Happy Place à l’intriguant A Moment Of Madness en passant par le spatial Twisted et le cotonneux The House. La Katie Melua 2010 a réussit son tendre virage avec succès !
Adeline Lajoinie
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