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Keziah Jones : Nigerian Wood ( Because music )
Ne jamais se fier à un single. C’est souvent le titre le plus « bankable » et pas forcément le plus représentatif de l’album. Kinda Girl est de ceux-là. Dansant, joyeux, sucré, ce morceau ne reflète absolument pas toute la complexité de Nigerian Wood, le cinquième album du grand Keziah Jones.
En 1992, un jeune artiste découvert dans le métro parisien inventait un nouveau genre musical en sortant un opus innovant, Blufunk Is A Fact. Seize ans plus tard, Keziah Jones est devenu un artiste mondialement reconnu et son style musical s’affine d’album en album. Ici, les mélanges sont travaillés avec toujours plus de finesse. La faute à son producteur, Karriem Riggins. Batteur de jazz prodige (Oscar Peterson, Ray Brown …) avant de devenir un des meilleurs producteurs de Nu Soul (Common, Erykah Badu, Kanye West…), il assure lui-même les parties de batterie et offre aux titres une nouvelle puissance. Mais surtout, il a su laisser la place à toutes les influences de Keziah Jones tout en les faisant fondre à feu doux dans son chaudron magique.
Prenons par exemple un morceau comme Pimpin’. Ca commence comme un morceau de funk à la guitare. Puis arrive des percussions, batteries et cuivres qui sonnent comme de l’afro-beat. Et la voix de Keziah, chaude et profonde, vient finalement apporter une petite touche de funk. C’est ça le blufunk ! Sur Lagos vs New York, le genre est agrémenté de plus de rythmes hachés et de saxophone. Sur Long Distance Love, c’est le côté soul qui l’emporte. Alors que My Brother, le morceau de fin, joue à fond la ballade aux violons.
Côté textes, on a beaucoup d’amour et de générosité, bien sûr. Mais aussi un hommage très appuyé à son pays, le nigeria. D’où le titre de l’album (qui est aussi celui du morceau d’introduction), clin d’œil énergique au Norwegian Wood des Beatles.
Il y a de tout chez Keziah Jones. Mais que du bon. Alors on aurait tort de se priver !
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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