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Kid Bombardos : Turning Wrong
Les bordelais de Kid Bombardos ont à l'évidence passé plus de temps à fixer l'Atlantique que la Garonne. Au pays de Noir Désir, Luke et consorts, les jeunes éphèbes (22 ans de moyenne d'âge en 2011) se sont plutôt retrouvés dans les livraisons musicales en provenance des pays anglo-saxons. Le premier album des Strokes, de 2001, a notamment été une grosse révélation pour eux.
Et ça s'entend sur le single Sundays. Dans les guitares, les mélodies, mais aussi dans la façon de placer les lignes de chant. Ajoutez à ça un clip rétro, en mode "on fait du vélo dans la campagne en BMX et mini-shorts", et vous obtenez un joli petit buzz. Un buzz amplifié par les promesses de deux Eps, en 2009 et début 2011, mais aussi grâce à deux ans passés sur les routes de France, Suisse ou Angleterre. Les morceaux ont donc un peu de bouteille, et le groupe pas mal de culot.Nés pendant la vague des baby rockers, les Kid Bombardos ont su garder le cap pour ne pas s'échouer comme de vieilles morues sur une plage de graviers, contrairement à tant d'autres... Non, ils sont restés au milieu de l'Atlantique, ne parvenant pas à choisir entre les faubourgs de Liverpool et les gratte-ciels de New-York. En résulte une musicalité recherchée, alternant entre ambiances posées (Turning Wrong) et rythmiques plus enlevées (Pig Sty), le tout dans une grande cohésion tout le long des 12 titres et 40 minutes constituant la galette. Le bon travail de Julien Gaulier, aux manettes, est donc à signaler.Ce qui rend les chansons liées entre elles, c'est également cette voix, qui semble se balader de titre en titre avec une nonchalance et un flegme typiquement britanniques. Mais elle se rappelle qu'elle est bordelaise de temps en temps, notamment quand les chansons du groupe vont davantage lorgner dans ce que l'on pourrait qualifier de "sunshine pop", à l'instar de The Loneliest ou de I Round The Blend. Des envolées avec lesquelles contraste le piano sombre de The Night The Light. Et en parlant de contraste, il y a un assez évident entre la musique et le propos. La première fait en effet preuve de maturité, tandis que les paroles traitent majoritairement de l'insouciance (Friend Is Gone, The Loneliest, I'm Gonna Try). Une nouvelle preuve que le groupe est en train de franchir un cap avec la sortie de ce premier album, qui fait de Kid Bombardos une jolie promesse du paysage rock français. Reste à espérer qu'ils continuent de bien orienter leur gouvernail pour éviter de mal tourner...
Sébastien Delecroix
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