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La Ruda : Les bonnes manières ( Irfan )
Pour ceux du fond qui ne suivent jamais rien, un petit rappel des faits : En 1993, à Saumur, nait un groupe de rock « alternatif » appelé La Ruda Salska. Un nom inspiré de celui d'une ville polonaise : Ruda Śląska; mais aussi des goûts musicaux (rock, ska, salsa), et donc bien entendu de la musique qu'ils font. En 2003, ils décident de raccourcir le nom pour s'appeler La Ruda, suite à un changement dans leur style musical, se dirigeant vers du pop-rock accompagné d'une section cuivre, délaissant le ska. En quatorze années de carrière, les huit musiciens se sont fait une solide réputation, notamment sur scène avec 700 concerts au compteur. Que pouvait encore faire La Ruda pour étonner leurs fans, toujours fidèles ? Un album acoustique !
Mais comment n’y ont-ils pas pensé plus tôt ? Revisitant en dix titres une toute petite partie de leur répertoire (c’est leur septième album), Pierrot, Manu, Fred, Ritchoune, Bruixe (Xavier), Roro, Philly et Daddy (Michel) ont laissé tombé les grosses sections de trompettes et les amplis pour de simples guitares sèches. Le résultat est forcément superbe sur ce nouvel opus « unplugged ». A la base du projet, une réelle envie de se réinventer, une soif de nouvelles expériences et, surtout, la volonté de mettre encore mieux en valeur les textes de Pierre Lebas. Ce même Pierrot qui met aussi sa voix, adoucie pour l’occasion, au service de textes qu’on a l’impression de découvrir pour la première fois.
La Ruda a toujours trainé une réputation de gros groupe de rock qui fait danser et crier les foules. Mais ici, c’est la Ruda sensible et engagée qui se présente à nous. Bien sûr, on reconnaît les classiques comme Tant d’Argent dans le Monde, Que le Bon l’Emporte ou Rien Venir. Mais ici, l’âme très « chanson française » de ces titres saute tout à coup aux yeux. Réarragements, adaptations et variations d’anciennes compositions côtoient alors deux petites nouvelles : Tout Va Bien, une chanson d’amour rock’n roll qui ouvre l’album sur un rythme endiablé et La Fumée des Gauloises, qui ferme l’album, une douce et mélancolique ballade sur un chat qui tarde à rentrer.
On est sans cesse déconcerté à l’écoute des Bonnes manières (un titre gentiment ironique). Au travers de compositions moins denses, les arrangements laissent davantage de place aux mélodies et on ne regrette en rien l’électrifiante énergie rock de la Ruda tant l’émotion nous emporte à chaque note. Un pur ravissement, mot que nous n’aurions jamais pensé pouvoir accoler un jour à La Ruda…
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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