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Lily Allen : It’s not me, it’s you ( EMI )
Devenue depuis son premier album une idole sulfureuse des tabloïds, on a un peu tendance à oublier qu’entre deux beuveries orgiaques et un concassage en règle de Katy Perry, Lily Allen fait aussi des disques. Heureusement pour elle – et pour nous – elle le fait plutôt bien.
Successeur très attendu du multi auréolé Alright, still, It’s not me, it’s you prolonge sans chaos la ligne directrice de ce dernier et nous offre une jolie poignée de pop-songs acidulées où il est encore beaucoup question de rapports humains en général et de relations garçon/fille en particulier. Rien que ce titre, piquant à souhait, « Ce n’est pas moi, c’est toi », sonne comme une délicieuse vindicte, et ce juste en renversant les codes établis de la rupture un peu trop proprette. De rupture, il en est pourtant finalement très peu question dans ce deuxième album où la jeune femme se laisse plus volontiers aller à l’intime. Sur l’excellent single « The Fear » elle règle ses comptes avec la presse people, s’extrapole en trentenaire dépressive sur « 22 » ou rêve de normalité sur le diptyque « Who’d have known »/« Chinese », s’interroge sur Dieu avec « Him », s’énerve joyeusement contre un puissant apparemment peu fréquentable sur le très explicite « Fuck You » (dont le titre de travail était « Guess Who Batman » – initiales GWB, ça vous rappelle quelqu’un ?) ou au contraire demande très humblement pardon à sa grande sœur sur le touchant « Back to the Start ».
Résolument moins revancharde que sur Alright, Still (dont la moitié des chansons auraient facilement pu dégénérer en baston), la petite brunette n’en est pas moins restée taquine, comme en atteste l’hilarant – et très probable deuxième single – « Not Fair », où elle reproche à son mec de ne pas en foutre une rame au lit. Musicalement riche (on passe du pseudo-western à l’instru électronique proto-80’s en un battement de cil), l’album conserve une patine « maison » due à la présence du producteur Greg Kurstin, unique collaborateur du disque (ce qui est presque étonnant quand on voit tous les copains qu’elle s’est faits des deux côtés de l’Atlantique – Mark Ronson, Common, Kaiser Chiefs, Robbie Williams…). Une fois de plus, la petite Anglaise offre ses lettres de noblesse à la pop…
Michael Rochette
Michael Rochette
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