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Linkin Park : Minutes to Midnight ( Warner Music )
Après plus de sept années de carrière, moult prix empochés (dont des Grammy Awards) et trois ans de silence, Linkin Park revient avec "Minutes to Midnight", un quatrième album à la pochette étonnamment sobre et au contenu plutôt incohérent.
Ici, les six comparses de Los Angeles basculent dans la catégorie pop/rock au détriment de l'étiquette « revival rap métal » qu'on leur avait octroyé avec leur premier album. En effet, "Hybrid Theory" posait les prémices d'un groupe intéressant, certes peu original mais dynamique et efficace. Linkin Park était parvenu à dépoussiérer l'héritage du néo-métal laissé par Korn et Deftones. En écoutant "Minutes to Midnight", les partisans de la frugalité musicale seront servis. Ce disque offre pléthore de titres très pondérés et de ballades aseptisées ("Shadow of the Day", entre autres). Les fans de la première heure – qui passeront assurément sur ces morceaux un peu creux aux mélodies surannées –, se contenteront du reste de l'album.Après une introduction plutôt classique mais incitant à la curiosité, les Californiens délivrent onze morceaux contrastés. Le vigoureux "Given Up" ravit les oreilles. Chester Bennington se plaît à jouer de son timbre particulier et de sa puissance vocale sur martèlement de basse. On déchante rapidement en engloutissant une enfilade de chansonnettes insipides. Puis arrive le limpide "Bleed It Out", pure tradition néo métal et fusion, qui régalera les oreilles des amateurs de "Hybrid Theory". La jubilation est de courte durée et on replonge vite dans la facilité ("In between", "In pieces"...) Malgré quelques titres consistants, Linkin Park franchit donc péniblement le cap du troisième album.Les rockeurs américains marquent clairement leur volonté de rompre avec la tradition néo métal en explorant des terrains plus grand public. Ils perdent ainsi leur essence même, leur cohérence et leur substance en enfonçant des portes déjà (mieux) ouvertes auparavant. Alors véritable quête identitaire ou stratégie marketing ? A vous de juger.Eloïse Bouton
Eloîse Bouton
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