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Luke : La tête en arrière ( Sony/BMG )
Retour sur le deuxième album de Luke, pourquoi une chronique tardive parce qu'il nous fallait faire abstraction de la qualité de la 1ère formation et celà était quelque peu difficile
Paradoxalement le nouvel album de Luke a tout sauf « la tête en arrière » . Petit récapitulatif : en 2001 sort « la vie presque », disque qui nous avait bien bluffé. On y découvrait les textes intimistes et engagés de Thomas Boulard et les arpèges inspirés de Christophe Plantier, un disque impressionnant de maîtrise et qui s'aventurait déjà dans « la cour des grands ».
C'est évidemment avec un peu d'inquiétude que nous avions appris le départ de la totalité des musiciens à l'exception de son chanteur Thomas Boulard et de son clavier, Cyril Guillanneuf. De plus, celui-ci nous promettait un album plus rock, limite Hard rock. 2004 et voici que nous arrive dans les bacs ce fameux disque plein de rage et de colère.
A la première écoute, il faut bien se rendre à l'évidence, ce n'est plus le même groupe. Un son de basse à décoller les oreilles, une batterie agressive, des guitares rageuses. Beaucoup de choses se sont passées, l'arrivée, entre autre, au deuxième tour des élections présidentielles du blondinet facho et borgne n'a pas donné à Thomas, la tête froide, l'envie de nous pondre un album à l'eau de rose. Surtout que le garçon nous avait prévenu dans une chanson du premier album : « Si un jour tu pointes ton nez vers l'extrême / N'oublie pas que les hommes sont fous / D'elle comme une cigarette / La république ça se roule sans filtre » (dimanche de vote) ! Les premiers fans du groupe, amateurs de pop en seront pour leurs frais! il aurait mieux valu voter au premier tour.
Donc avec un riff de guitare bien rugueux que commence cet album. Cela ira crescendo jusqu'à la fin. Pas vraiment de pause entre les morceaux à l'exception de deux ou trois chansons plus douces. Nous sommes ici assez proche du son de « Eiffel » . Normal, Damien Lefèvre, qui officie à la basse chez ces derniers, est de la partie et cela s'entend. Thomas, lui, n'a toujours pas sa langue dans sa poche et nous envoie dans la gueule ses textes découpés au rasoir et nous assène quelques vérités pas toujours agréables à entendre. On retiendra aussi la facilité déconcertante avec laquelle Thomas Boulard écrit des chansons que l'on fredonne toute la journée : le premier single, « la sentinelle » en est l'exemple mais d'autres chansons comme « le reste du monde » ou « Comme un homme » sont faites pour suivre le même chemin
On notera aussi que Luke n'est pas seulement un groupe de studio mais aussi un vrai groupe de scène. On vous conseille donc vivement de les voir sur scène en attendant les prochaines élections et un nouvel album résonnant aux échos des résultats.
Frédéric Fahy
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