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MGMT : Congratulations ( Sony/BMG )
Il y a trois ans, le monde découvrait l’univers onirique et multicolore de MGMT, duo basé à Brooklyn qui allait révolutionner l’indie rock avec le bien nommé Oracular Spectacular….
Un album de pop lumineuse porté par les puissants singles “Kids” et “Time To Pretend”, deux joyaux qui furent martelés dans un nombre incroyable de publicités, rencontres sportives, jeux vidéo et séries TV. Un matraquage à grande échelle qui permet à MGMT de faire intégralement partie de la culture de masse d’aujourd’hui… à la grande surprise des deux cerveaux, Ben Goldwasser et Andrew VanWyngarden. Deux mômes qui profitèrent de l’enthousiasme général pour s’en mettre plein le cornet et finir la quasi totalité des concerts de leur dernière tournée dans un état de dégradation avancée, sniffant et s’injectant toutes les substances narcotiques qui leur passèrent entre les doigts. Un moyen d’oublier la fulgurance autodestructrice apportée par un succès à la durée incertaine en cette période trouble où les carrières se font et se défont à la vitesse de la lumière.
Après un tel engouement, MGMT aurait pu remplir un peu plus le tiroir-caisse en pérennisant sa formule, avec le risque de lasser l’auditeur. Mais nos deux génies sont bien trop intelligents pour se pointer là où on les attend, et ils semblent avoir pris un malin plaisir à nous concocter ce Congratulations hallucinatoire aux allures d’ovni. Oubliez les mélodies parfois trop faciles d’Oracular Spectacular, ce nouvel album est de prime abord difficile à apprivoiser. Les structures sont incroyablement complexes, les formats pop que l’on croyait connaître sur le bout des ongles sont explosés et les refrains possèdent une puissance lacrymale illimitée. Il suffit d’entendre l’étourdissante pépite “Siberian Breaks” et ses 12mn09 au compteur pour se convaincre du génie artistique des deux enfants terribles de Brooklyn. Il y a trois ans, MGMT tentait de réhabiliter le psychédélisme, aujourd’hui il en compile le meilleur pour n’en retirer que la sève : une substance kaléidoscopique qui imprègne un buvard que n’auraient pas rechigné à gober Arthur Lee et ses Love, voire les Seeds avec “Brian Eno” et son orgue Hammond infernal. Et comment résister à la déflagration émotionnelle qui transpire à l’écoute de “Flash Delirium”, génial fourre-tout évoquant tour à tour Bowie, les Beatles et les Beach Boys.
Pour tout cela, Congratulations s’affiche comme l’une des œuvres pop majeures et fascinantes des années 2000. Beau à se damner.
Mark Renton
Mark Renton
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