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Malia : Black Orchid
Malia

Malia : Black Orchid

Sublime diva soul-jazz malheureusement méconnue, Malia revient en s'attaquant avec grâce au répertoire de Nina Simone. Une magnifique orchidée noire aux mille parfums.

Longtemps considérée comme un espoir soul-jazz qui ne décollait pas, coup de cœur longtemps irrévélé d'André Manoukian, Malia, belle britannique d'origine malawite, a déboulé tout talent dehors avec Young Bones en 2007. Un troisième album lumineux. La jeune maman trentenaire explose alors de toute sa maturité vocale et son timbre passe avec perfection des graves profonds aux aigus cristallins. Les productions musicales, à la fois intimes et intenses, semblent avoir été écrites à la lumière tamisée d'un piano-bar. La belle a d'ailleurs été découverte dans ce genre d'endroit par Manoukian à New York en 1998, alors qu'il avait décidé d'arrêter la production. Une ville où elle avait atterri pour fuir une peine de cœur, chantant dans des cafés enfumés. Elle avait alors envoyé au producteur français une maquette sur cassette où elle y chantait avec la détermination de quelqu'un qui avait le cœur brisé.Young Bones est alors une petite merveille sur laquelle les critiques s'enthousiasment, à raison. Entre la voix fluide et sensuelle de Malia et les musiques bluesy de Manoukian, la séduction opère immédiatement. C'est leur album le plus abouti, qui développe toute la richesse du jazz de Malia et confirme son statut de diva en devenir. Quatre ans plus tard, après une longue attente, revoilà donc la sublime métisse armée de son trio de musiciens français (Alexandre Saada au clavier et à la kalimba, Jean-Daniel Botta à la guitare et à la contrebasse et Laurent Sériès aux percussions) pour un combat musical à nul autre pareil: reprendre 14 des immenses standards de la non-moins grandiose Nina Simone. Interpréter des morceaux d'une idole planétaire et intemporelle, il fallait avoir le courage. Et le talent nécessaire, surtout! Dés les premières notes de My Baby Just Cares For Me, qu'on n reconnait d'ailleurs que par les paroles, une chose est sûre: personne n'a jamais repris Nina Simone avec autant de sensualité, de feutrage et d'intensité.On est surtout dans la ballade ici. Mais la force politique des chansons qui ont boosté toute une Amérique noire dans les années soixante est sublimée comme jamais. On se laisse envelopper par le doux nuage de ces arrangements, épurés sur Don't Explain, plus rythmique sur un Feeling Good qui fait dresser les poils tellement l'interprétation est tendue ou plus africaine et donc très étonnante sur le classique I Put A Spell On You que la belle semble chanter au saut du lit, avec cette langueur des réveils qui suivent les plus chaudes nuits. Ici, tout coule, tout réchauffe jusqu'au plus profond de l'âme. Avec son timbre rocailleux et sa sensibilité vocale à fleur de peau, cette chanteuse caméléon (elle excelle dans les basses comme dans les aigus) était la seule à pouvoir allier légèreté du jazz et puissance des paroles. On oscille, d'une seconde à l'autre, de la joie et drame. Et on ne peut qu'adorer ce sentiment. Malia nous avait vraiment énormément manqué!

Adeline Lajoinie


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MALIA
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 Artiste
 Malia


 Chronique(s) Date publication
 Malia : Black Orchid 10/02/2012



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