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Marilyn Manson : The high end of low ( Universal )
Qui a encore peur de Marilyn Manson ? Qui pourrait encore le voir comme le grand méchant loup ? Moins énervé que Slipknot et moins maquillé que Lady Gaga, l'auto-proclamé "God Of Fuck" a adouci sa musique depuis des années, et ne reste une abomination satanique qu'aux yeux de quelques adolescents impressionnables.
La provocation et l'imagerie font toujours partie de son credo. Mais le glam cradingue, malsain, obscur, qui venait entraver les tympans des doux agneaux autrefois a cédé à un rock pop, aux accents plus proche de Depeche Mode que de Slayer. Le loup s'est assagi, et maintenant qu'il a une place dans la bergerie, il n'entend pas la quitter de sitôt.
Un autre endroit où Manson s'était fait une place, c'était la literie de Dita Von Teese. Mais après leur rupture, il s'est tourné vers les joies de la pédophilie en fréquentant l'actrice Evan Rachel Wood, qui avait 18 ans à l'époque. Après tout quoi de plus normal quand on se fait appeler "le Révérend"...
Et cet album sent la rupture, de par les thèmes abordés notamment. L'entame se fait avec le langoureux "Devour", arrangé de façon intelligente, presque épurée, et mettant parfaitement en valeur la voix si personnelle du chanteur, se prêtant avec réussite à une chanson d'amour. Parce que oui, Manson chante l'amour. Et plutôt bien pour le coup. A ce niveau-là on peut parler de réussite, et on sent que les retrouvailles avec Twiggy Ramirez ont fait du bien par où elles sont passées. Ainsi on retrouve le single purement Mansonnien "We're From America": rythmique à l'ancienne, refrain matraqué et un retour vers le futur à l'époque d' "Holy Wood". D'autant plus que les paroles lui permettent de dégueuler à nouveau sa haine de la société américaine, ce qui sonne un peu hypocrite, parce qu'après tout, si Manson n'était pas un "produit américain" mais un chanteur bulgare, qu'est-ce que les gens en auraient à carrer, hein ?
Reprenant les grandes armes de son succès, il endosse la veste de la victimisation sur la surprenante "Four Rusted Horses", aux relents... country. Oui oui. Après l'amour, la country: Manson est en train de devenir le premier hippie gothique ! Et aimant se placer comme l'"ennemi public numéro 1", il chante "everyone will come to my funeral to make sure that i saty dead". Heureusement que le ridicule ne tue pas, où l'on aurait pu vérifier cela depuis longtemps. Mais Brian Warner (son vrai nom) sait ce qu'il fait, car c'est quand il est pointé du doigt par les incultes pouvoirs publics et la bienséance américaine qu'il gagne en popularité. Réaction typiquement adolescente, et en accord avec l'âge du noyau dur de son public: "dites-moi ce qu'il ne faut pas aimer et je l'adorerai". Il est loin d'être le plus dangereux, le plus méchant, le plus cynique ou cruel, mais il a toujours su se placer sur l'autel médiatique en tant que l'incarnation du mal absolu.
Le voici donc qui continue sa carrière avec un album qui ne laissera personne insensible. Les clichés sont tenaces, comme le prouvent les photos de l'artwork ou le titre "Arma-Goddamn-Motherfuckingeddon", malgré une intro aux allures de western psychédélico-satanisto-gothique, mais une fois le tri effectué dans un album trop long et manquant cruellement de cohésion (la présomptueuse "I Want To Kill You Like They Do In The Movies"), on décèlera quelques pépites, comme "Leave A Scar" et son refrain addictif, la ballade power pop "Running To The Edge Of The World", ou "Pretty As A Swastika", autre titre preuve de provocation facile sur fond de musique plus agressive.
Qu'on l'adore ou le déteste, Manson trouvera toujours motivation et inspiration dans ces deux sentiments. La pire qu'il pourrait lui arriver, ce serait de laisser indifférent. Ou que les ados disparaissent.
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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