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Mary J Blige : Growing Pains ( Universal )
Il y a des artistes qu’on prierait pour qu’elles ne souffrent plus. Non pas que la douleur rende leur musique moins touchante, bien au contraire. Mais parce que souffrir comme ça, c’est juste totalement inhumain ! C’est le cas de la soul-woman Mary J Blige. Heureusement, on voit enfin le bout du tunnel.
Cela fait maintenant 16 ans et 8 albums que la douce Mary nous chante tous ses malheurs de sa voix puissante et chaleureuse. Le meilleur exemple est sûrement No More Drama, le tube de 2002 profondément haï par tous les voisins de ces jeunes filles malheureuses qui abusent du mode « repeat ».
Contrairement à ce que pourrait laisser supposer Growings Pains, ce huitième album est un petit pas vers la lumière. Celle que beaucoup n’hésitent pas à nommer la « Queen of Hip-Hop Soul », à raison, a fait le plein d’ondes positives et nous les reversent sur des rythmes funky, R&B, mid-tempo toujours aussi efficaces. Toujours obsédée par ce besoin dévorant de don d’amour à son public, Mary J Blige réussit à nouveau l’exercice haut la main. Ce bonheur retrouvé s’explique sûrement par la présence à ses côtés de Kendu Isaacs, mari et partenaire de travail. En studio, ils n’auraient presque travaillé qu’en couple. Le résultat est une explosion de joies, d’énergies positives et d’amour. A l’image de Just Fine, hymne groovy en hommage à la vie, Till The Morning, titre dansant sur les petits plaisirs nocturnes, Shake Down, sensuel duo avec le sexy Usher ou Work That, où elle invite les plus pessimistes et défaitistes à relativiser, prendre confiance en eux pour en dégager le meilleur.
On retrouve bien sûr ces élégantes ballades dont le sujet principal est l’amour, toujours. Comme le planant Stay Down réalisé avec l'aide de Johnta Austin et de Bryan-Michael Cox, l’entêtant Roses sur lequel elle expose sa vision des vrais sentiments ou If You Love Me ? où tout est dans le point d’interrogation. Côté featuring, du très classe, comme bien souvent. On pense à Grown Woman où Ludacris se révèle au top de sa forme, Shake Down avec un Usher plus sexuel que jamais. Au niveau des productions, on font pour le sublissime Hurt Again de Dre & Vidal, le neptunien Till The Morning, réalisé par Pharell Williams. Et une mention toute spéciale pour les quatre morceaux co-écrits par Ne-Yo, Work In Progress (Growing Pains), Smoke, What Love Is, avec un vrai coup de cœur pour les deux derniers, produits par les Stargate.
Que du grand, de l’étincelant. Mais ne nous y trompons pas. Mary J Blige reste l’artiste mélancolique et ultra-sensible qu’elle a toujours été. Elle dira d’ailleurs, à la sortie de cet album : « J’essaye toujours de guérir et de m'améliorer et cet opus s’inscrit dans cette perspective. Mais je parle aussi du fait d’accepter que l’évolution et le changement ne se fait pas sans douleur. On n’a rien sans rien. »
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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