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Marylin Manson : Eat Me, Drink Me ( Universal )
Avec ce septième album, Marylin Manson opte pour une écriture plus personnelle, en rupture avec son habituelle lignée musicale.
En quelques années Marylin Manson, Brian Warner de son vrai nom, s'est transformé en icône emblématique du courant métal gothique. Les albums "Smells Like Children", "Antichrist Superstar", "Mechanical Animals", "Holy Hood" et "The Golden Age of Grotesque", devenus cultes, dévoilaient la fascination assumée du « Révérend » pour le gore, la provocation et le romantisme au sens littéraire du terme. C'est ce dernier aspect que l'artiste a choisi de développer sur "Eat Me, Drink Me". Sa folie vindicative et torturée s'est évanouie pour faire apparaître un vampire déchu, certes gothique, mais désespérément romantique (au sens propre cette fois). L'abandon de sa rébellion déjantée pour un conservatisme surprenant constitue un virage qui le réconciliera avec les plus sceptiques.Réalisé avec le bassiste Tim Sköld, "Eat Me, Drink Me" démontre l'alchimie du duo et leur volonté de sonder le glam rock voire même la pop. Ce revirement artistique résulte du récent divorce de Manson et de la sulfureuse Dita Von Teese, séparation exorcisée dans une majorité des textes. Le Nosferatu grandiloquent étonne par ses musiques rock mélodiques et une recherche vocale plus aboutie. Hormis "If I was your Vampire", ouverture du disque qui ravira les adeptes, l'opus bascule dans un univers intime dès le deuxième morceau.Assagi, Marylin Manson joue la carte du dépouillement pour apprivoiser un espace nouveau : celui du bilan, obligatoire après une période de déboires personnels et de l'introspection expiatoire. L'album présente un son rock de facture très classique, presque seventies ("You and me and the Devil make 3".) On se délecte de ballades acerbes et venimeuses ("Just a Car Crash away", "Putting Holes in Happiness") ou d'élans épiques ("Eat me, drink me").Mais Marylin Manson reproduit des schémas déjà explorés et surtout par d'autres. L'artiste a quelque peu délaissé sa touche marginale. A la grande joie de ses détracteurs et au grand dam de ses fans.Eloïse Bouton
Eloîse Bouton
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