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Mika : The Boy Who Knew Too Much ( Universal )
Soyons honnêtes, je n'ai jamais été très client de Mika et son insupportable tendance à monter sans prévenir dans des fréquences d'aigus que seuls les chiens peuvent entendre, mais force est de reconnaître que The Boy Who Knew Too Much est plutôt une bonne surprise qui prolonge bien son premier opus.
Il faut dire qu'entre temps, il y a eu l'avènement de Sliimy et avec lui une indicible volonté de défendre l'original contre l'usurpateur. D'autant qu'avec un tant soit peu d'objectivité et une fois passée l'irrépressible envie de lui filer des claques, Mika ne manque pas de qualités ; à commencer par un songwriting aiguisé doublé d'un redoutable instinct d'arrangeur qui l'ont vu scorer dans les charts une belle poignée de pop songs originales et truculentes extraites de Life in Cartoon Motion. Autant de plaisirs coupables pour le rock critic qui préférerait crever plutôt que d'avouer avoir dandiné du cul sur "Love Today" ou s'être époumoné sur les refrains de "Grace Kelly" et "Relax, take is easy" – sous prétexte, bien sûr, de "ouais mais non, c'est pourri mais tu comprends, si je la chante c'est du second degré" (comme si on vous avait pas déjà fait le coup avec le "Womanizer" de Britney). La vérité, c'est qu'il est grand temps d'en finir avec ce comble du snobisme qui consiste à danser comme un petit fou sur d'imparables hymnes pop tout en se cherchant encore des excuses pour continuer à cracher dessus.
Une fois débarrassé de ces vilains complexes de lecteur de Télérama, on peut alors aborder l'écoute de The Boy Who Knew Too Much de manière autrement plus sereine. D'autant que le bougre ne nous ménage pas et s'ouvre sur le très "queenien" "We are Golden" qui a déjà fait toutes ses preuves sur les ondes à la rentrée dernière. Autrefois pressenti comme potentiel deuxième single, le déjanté et percussif "Blame it on the Girls" a finalement laissé la politesse à son successeur direct sur le tracklisting, "Rain", irrésistible fantaisie synth-pop 80's qui aura bénéficié en sous-main de toute l'expertise de Stuart Price (producteur et remixeur mieux connu sous le nom de Les Rythmes Digitales, Jacques Lu Cont et/ou Thin White Duke qui s'est illustré dernièrement sur le dernier Killers). Un tube incendiaire dont vous allez manger pendant six mois minimum. Pour la suite, on reste dans le même tonneau, "Dr. John" ressuscite Butterfly Ball et les grands refrains choraux façon hippies 70's, "Good Gone Girl" prend la suite de "Grace Kelly", "Touches You" celle de "Love Today" ; "Toy Boy" se déroule comme une friandise baroque au son des cordes et des hautbois, "Blue Eyes" exhume les Simon & Garfunkel de "Cecilia" tandis que "I see you" et "Pick up off the floor" assurent le quota sensiblerie. Au final, un album pluriel mais cohérent, joyeusement excentrique, sur lequel le Libanais ne renie pas sa partie d'adoption, l'Angleterre, éternel berceau d'une pop racée et décomplexée.
Michael Rochette
Michael Rochette
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