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Milow : North and South (in my Pocket)
Le héros du film marche seul sous la pluie, dans les rues de Manhattan. Il a la tête baissée, les yeux assaillis par sa mèche brune alourdie par les gouttes d'eau qui perlent sur tout son visage. Autour de lui les gens défilent, mais tous ont un parapluie. Pas lui. Lui, il est vulnérable, il repense à elle.
Des images flashback viennent rappeler les bons moments qu'ils ont passé ensemble. Tout à coup il s'arrête de marcher. Sur le trottoir d'en face, il aperçoit un parapluie jaune, celui-là même qu'il lui avait acheté lors de leur week-end à Atlanta, ce séjour qui les avait tant rapprochés. Alors il s'élance, et se met à la poursuivre, montant sur les capots des voitures, faisant se déchaîner les klaxons et les cris d'une foule ébahie par la bravoure de l'amoureux transi...Toutes les chansons de Milow sont les bande-sons idéales de ce genre de scène hollywoodienne. Sa pop est catchy et accrocheuse à souhait, les chansons prenant soin de ne jamais dépasser les 3 minutes. Efficacité maximale, grâce à des arrangements bien sentis. Le côté nostalgique entendu dans la superbe Son (dédiée à son père récemment décédé) est contrebalancé par le côté joyeux de You And Me (in my pocket). La fougue adolescente est bien présente, et on pense parfois à du Weezer qui aurait perdu ses pédales de distorsion. Pourtant, ce troisième album est bien le plus mature livré jusqu'ici par l'artiste belge de 29 ans. Car oui, Milow est belge, et son vrai nom est JonathanVandenbroek. La Belgique est d'ailleurs l'autre thème central du disque, le titre "North & South" renvoyant aux clivages de son pays, et la chanson The Kingdom étant dédiée à ses habitants, évoluant depuis des mois sans gouvernement.Tout n'est donc pas rose et guilleret donc, mais les tubes pleuvent en rafale. On aurait pourtant pu frémir vu la personne à qui a été confiée la réalisation. Tony Maserati est en effet connu pour avoir produit Destiny's Child, Jennifer Lopez, Christina Aguilera ou Mariah Carey. Le hitmaker a encore frappé, et donne forcément un côté très conventionnel à l'album, qui ravira sans doute les radios grâce à son côté easy-listening très poussé (Little In The Middle). N'empêche que c'est efficace, bien foutu, ça s'écoute facilement au pied du lit, dans le métro ou en buvant son café. Après tout, on ne peut pas passer la journée à genoux dans son salon, les mains sur les oreilles et Radiohead à fond dans le casque, de même que l'on ne peut pas ne visionner que des films muets de réalisateurs ouzbeks plébiscités par Telerama. Quelquefois, on a besoin d'un blockbuster, qui permet de débrancher un peu son cerveau. Milow vous offre cette possibilité pendant 36 minutes et 33 secondes, avec des chansons comme She Might She Might sur une fille qui fait du kung-fu, ou Rambo, portant aux nues le héros de Sylvester Stallone.
Sébastien Delecroix
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