|
Mozart Rock : Mozart rock ( Warner Music )
Ouh la bonne idée que voilà : faire de la vie de Mozart un opéra. Là où on commence à s'inquiéter, c'est que l'idée a germé dans le cerveau (malade ?) de Dove Attia, à qui l'ont doit déjà Le Roi Soleil, Les 10 Commandements ou même le sacrilège Dothy et le Magicien D'Oz. Pas vraiment rassurant quant à la qualité artistique du projet. En revanche au niveau commercial, l'opération devrait secouer quelques tiroir-caisses.
La comédie musicale sur la vie de Mozart va donc s'appuyer (assez librement toutefois) sur la biographie du compositeur le plus connu de tous les temps. Hop, on demande au stagiaire d'aller imprimer sa page Wikipedia, et voilà que l'histoire se dessine. Chaque morceau illustrera un passage important de sa vie, le tout sur fond de rock. Pour cela, Dove veut que tout soit propre, et il organise un séminaire avec tout plein de compositeurs. Le voici donc avec des chansons relativement rock (ce qu'il faut pour passer quand même sur NRJ), en incorporant quelques notes de la musique originelle. Hop on boucle le casting, on commence les répètes, et l'album déboule quelques mois avant le début du spectacle. Au programme : une armada de singles.
Parce que ce disque de Mozart : l'Opéra Rock est un bon disque de grandes surfaces. Le genre de musique que l'on écoute en faisant ses courses. Les enfants qui bassinent les parents pour avoir un pistolet à eau vont aimer, la grand-mère en train de trier les melons en les caressant contre ses fesses aussi. Le premier single, "Tatoue-Moi" est la meilleure illustration de la qualité de cet album. Un refrain très facile à retenir, une efficacité mélodique, mais aussi une volonté de mettre un petit peu de folie dans tout ça. Il faut l'assumer, le côté Opéra Rock, et aller taquiner Queen n'est pas donné à tout le monde. Il serait d'ailleurs malvenu de chercher à comparer, tant les deux sont dans des catégories bien différentes.
Reste une troupe de bons chanteurs, profitant de savants arrangements. Le refrain de "Vivre A En Crever" et son joli piano fait mouche, tout comme celui de "L'Assasymphonie". Des morceaux qui ont été très naturellement choisis comme singles. Et qui ont des titres rigolos. Non parce que quand même, l'album aligne les titres qui se voudraient poétiques mais se font pathétiques, avec par exemple "Le Bien Qui Fait Mal" ou "Victime De Ma Victoire". Mais le plus drôle, c'est quand même de très loin "Les Solos Sous Les Draps". Quoi, une chanson sur la masturbation dans une grosse production au public familial ? Et bien oui. Avec une intéressante cavalcade acoustique et des arrangements presque country, la chanson traite du mariage de Mozart avec Constance, et parle de sexe de matière très métaphorique. Morceau choisi : "Tu veux tout son talent / les envolées grandioses / les grands retournements / Sous sa baguette de virtuose / Que le musicien ose". C'est du joli !
Force est de constater que cet opus assume ce qu'il est et atteint son objectif. Dans l'air du temps, porté par des bons titres comme "Si je Défaille" ou "Victime De Ma Victoire", placés ici au milieu d'autres plus anecdotiques comme "Bim Bam Boum" (tiens, Jen de Superbus a écrit un titre ?). On pourrait en regretter le manque d'audace, mais les personnes derrière ce projet savent très bien ce qu'elles font, et le public est bien content de pouvoir chantonner tout ça entre le rayon fromagerie et la poissonnerie.
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
|